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Un moratoire sur la peine de mort aux Etats-Unis

L’administration du président Joe Biden a annoncé jeudi 1er juillet imposer un moratoire sur les exécutions fédérales, dénonçant leur aspect «arbitraire» et leur «impact disproportionné sur les personnes de couleur». Une décision à rebours de son prédécesseur, et saluée par la conférence épiscopale américaine.

Dans une note, Merrick Garland, ministre de la Justice américain, a fait part des «sérieuses préoccupations soulevées quant à la poursuite du recours à la peine de mort dans le pays», il a donc ordonné jeudi 1er juillet un moratoire sur toute exécution fédérale, le temps que son ministère «revoie ses politiques et procédures en matière de peine capitale».

La peine de mort est effective sur tout le territoire américain, mais jusqu’en juillet 2020, aucune exécution fédérale n’avait eu lieu pendant 17 ans. Le gouvernement de Donald Trump a renoué avec cette pratique durant la deuxième partie de son mandat, procédant à l’exécution de 13 personnes. Un record depuis 40 ans.

Malgré le moratoire, les exécutions par les États elles, peuvent continuer. La grande majorité des exécutions a lieu dans le sud du pays, par exemple au cours de l’année 2000, 40 personnes ont été ainsi tuées au Texas.

Prise de position des évêques américains

Inlassablement, la Conférence épiscopale américaine monte au créneau pour l’abolition de la peine de mort. Le 26 juillet 2019, quand le ministère américain de la justice annonçait son intention de reprendre les exécutions au niveau fédéral, Mgr Frank J. Dewane, évêque du diocèse de Venice et président du Comité sur la justice nationale et le développement humain de la Conférence des évêques des États-Unis (USCCB), alertait «Comme le Catéchisme de l'Église catholique l'affirme aujourd'hui : “la peine de mort est inadmissible car elle attente à l’inviolabilité et à la dignité de la personne”».

Lors de sa visite apostolique aux États-Unis en 2015, le Pape François avait très clairement exprimé son opinion sur la question dans son discours au Congrès, appelant à «l'abolition mondiale de la peine de mort». Le Saint-Père ajoutait «qu’une juste et nécessaire punition ne doit jamais exclure la dimension de l’espérance et l’objectif de la réhabilitation».

03 juillet 2021, 08:55