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Marche silencieuse à la mémoire du père Jacques Hamel, ce 26 juillet 2021 à Saint-Étienne-du-Rouvray Marche silencieuse à la mémoire du père Jacques Hamel, ce 26 juillet 2021 à Saint-Étienne-du-Rouvray  (AFP or licensors)

À Saint-Étienne-du-Rouvray, la France rend hommage au père Hamel

Les cérémonies d’hommage au père Jacques Hamel, égorgé il y a cinq ans au cours de la messe qu’il célébrait en l’église de Saint-Étienne-du-Rouvray, ont eu lieu ce lundi matin dans la ville de la périphérie rouennaise. Le ministre français de l’Intérieur Gérald Darmanin était présent. Il a évoqué le «souvenir d'un homme qui a subi la barbarie et pour lequel nous devons nous battre».

Adélaïde Patrignani (avec ANSA) - Cité du Vatican

Sous un ciel couvert, cette matinée d’hommages a débuté par la remise du Prix Jacques Hamel, attribué cette année au journaliste Antoine-Marie Izoard pour son article «Le calvaire des déplacés» paru dans l’hebdomadaire Famille chrétienne en mars 2020.

Elle s’est poursuivie par une marche silencieuse, partie du presbytère de Saint-Étienne-du-Rouvray, dans lequel résidait le père Jacques Hamel, pour arriver dans l’église Saint-Étienne. En tête du cortège, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, ainsi que Roselyne Hamel, la sœur du prêtre assassiné, et Mgr Dominique Lebrun, archevêque de Rouen. D’autres élus locaux, des paroissiens et des habitants de la ville et des environs ont également participé à cette marche.


Continuer de combattre la barbarie

Une messe a ensuite été célébrée par Mgr Lebrun en l’église Saint-Étienne, lieu du martyre du père Hamel. «Quelle est la grande attente de l’humanité, sinon la paix ?», a interrogé l’archevêque de Rouen. «Le mal étouffe le bien de la paix, de la justice. Nous ne le savons que trop bien, ici, dans cette église. Le mal a créé des souffrances qui durent», a-t-il déploré. Parmi les fidèles, quelques-uns avaient assisté à la messe célébrée par le père Hamel le 26 juillet 2016. Parmi eux, Guy Coponet, lui-même gravement blessé lors de l'attaque, et dont l’épouse, elle aussi présente lors de l’attentat, était morte quelques semaines plus tard.

À l’issue de la messe s’est déroulée une «cérémonie républicaine» en hommage au père Hamel, organisée par la commune sur la place de l’église, devant une «stèle pour la paix et la fraternité» érigée en mémoire du prêtre.

«Le gouvernement de la République commémore ses martyrs et nul ne peut douter que Jacques Hamel en fait partie», a déclaré Gérald Darmanin. «Pour la France, le père Jacques Hamel est le souvenir d'un homme qui a subi la barbarie et pour lequel nous devons nous battre». «La barbarie islamiste, a-t-il poursuivi, frappe tous les symboles constitutifs de l'Occident et de la France. La barbarie à laquelle nous sommes confrontés est une barbarie difficile à combattre (...) Nous devrons encore lutter, fortement et longtemps, contre ceux qui utilisent Dieu pour tuer». «Assassiner un prêtre dans son église, n’est-ce pas profondément toucher l’âme de la France?, a également lancé le ministre de l’Intérieur devant la foule. En touchant l’Église catholique, en touchant l’Église de France, les terroristes n’ont pas simplement touché ceux qui croyaient en Dieu, mais ils ont évidemment touché tous les Français», a-t-il fait remarquer.


Attente du procès

De son côté, Hubert Wulfranc, maire de Saint-Étienne-du-Rouvray en 2016 et actuellement député de la Seine-Maritime, a évoqué un prêtre d'une «modestie et d'une simplicité sans pareille». Le maire actuel de la ville normande, Joachim Moyse, a rendu hommage à «l'homme d'église citoyen engagé» qui «portait un message de paix et d'espoir».

Par ailleurs, parmi les nombres hommages rendus sur les réseaux sociaux, celui du Premier ministre français Jean Castex souligne qu’en ce 26 juillet, «la Nation se recueille et s’incline respectueusement en mémoire du père Jacques Hamel, tombé, il y a 5 ans, sous les coups du terrorisme islamiste. Puissent son humanisme et son message de fraternité longtemps nous guider face à la haine et la barbarie».

Les deux meurtriers du père Hamel, âgés de 19 ans et qui se réclamaient de Daech, tous deux fichés S, avaient été tués par les forces de l’ordre à leur sortie de l’église, le jour de l’attentat.

Le procès de quatre personnes soupçonnées de responsabilités dans cet assassinat est prévu devant la cour d’assises spéciale de Paris, du 14 février au 11 mars 2022.

26 juillet 2021, 14:51