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Panneau électoral en faveur du Brexit, lors de la campagne de 2016 Panneau électoral en faveur du Brexit, lors de la campagne de 2016  (AFP or licensors)

Cinq ans après le vote du Brexit, les tories renforcés

Le 23 juin 2016, les Britanniques se prononçaient en faveur de la sortie de leur pays de l’Union européenne. Un choc dans le pays et bien au-delà. Cinq ans plus tard, après bien des vicissitudes politiques, le parti conservateur qui avait organisé la consultation, est toujours au pouvoir et semble plus affermi que jamais.

Entretien réalisé par Xavier Sartre – Cité du Vatican

52 % pour le Brexit, 48 % contre: les Britanniques, ce 23 juin 2016 ont envoyé un signal clair à leurs dirigeants qui les avaient sollicités. David Cameron, le Premier ministre conservateur à l’origine de ce référendum, lui-même en faveur du maintien du Royaume-Uni au sein des institutions européennes malgré ses vives critiques envers Bruxelles, se voit désavoué. Il démissionne par la suite et laisse la place à Theresa May qui ne parvient pas à signer un accord de sortie avec les Européens. Elle est finalement remplacée en 2019 par Boris Johnson qui conclut un premier accord de sortie, effectif au 1er février 2020, avant de signer un autre texte réglant les relations entre Londres et Bruxelles après la sortie définitive de l’union douanière, le 1er janvier 2021.

Le parti conservateur majoritaire

La question européenne a toujours été source de tensions au sein des partis britanniques, entre pourfendeurs de la bureaucratie bruxelloise et partisans de la construction européenne. Malgré le choc de la décision des Britanniques, et les péripéties parlementaires, «le parti conservateur n’a pas été emporté par ce vote» explique Sophie Loussouarn, spécialiste du Royaume-Uni, maître de conférence à l’université de Picardie. «Boris Johnson et le parti conservateur ont compris les attentes des Britanniques et ont remporté une majorité de 80 sièges lors des élections législatives» du 12 décembre 2019. «Boris Johnson a uni le parti conservateur et le Royaume-Uni pour l’instant autour du Brexit», poursuit-elle.

Le parti travailliste en manque de clarté

Si les tories ont surmonté la crise née du Brexit, ce n’est pas le cas des forces d’opposition. «Le parti travailliste ne s’est pas clairement mobilisé sur l’Europe» souligne Sophie Loussouarn, Jeremy Corbyn, l’ancien secrétaire du Labour, n’ayant pas fait campagne. Son remplaçant, Keir Starmer, «n’est pas parvenu à renouveler l’image du parti travailliste» constate la spécialiste du Royaume-Uni.

 

Il se trouve, de plus, confronté à un parti tory qui tourne le dos au thatchérisme des dernières années, qui rompt avec la politique d’austérité qui a caractérisé la primature de David Cameron, et qui, covid aidant, décide d’investissements publics conséquents dans plusieurs domaines. Les élections locales du 6 mai 2021 ont confirmé l’ancrage du parti conservateur dans l’électorat et notamment parmi les électeurs plus traditionnellement travaillistes et l’ont encore renforcé.

Seule ombre au tableau, selon Sophie Loussouarn, «l’union du Royaume». Les indépendantistes écossais envisagent un nouveau référendum, les Écossais ayant voté majoritairement en faveur du maintien du Royaume-Uni au sein de l’UE. En Irlande du Nord, le Brexit menace de faire voler en éclat les accords du Vendredi Saint et ravive les tensions entre unionistes et républicains.

Entretien avec Sophie Loussouarn, spécialiste du Royaume-Uni
23 juin 2021, 09:24