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Le président israélien Reuven Rivlin (assis au premier rang, au centre), avec le Premier ministre Naftali Bennett (à sa droite), le ministre des affaires étrangères Yaïr Lapid (à sa gauche), et la nouvelle équipe gouvernementale, lundi 14 juin 2021 Le président israélien Reuven Rivlin (assis au premier rang, au centre), avec le Premier ministre Naftali Bennett (à sa droite), le ministre des affaires étrangères Yaïr Lapid (à sa gauche), et la nouvelle équipe gouvernementale, lundi 14 juin 2021 

Israël: l'équilibre fragile de la nouvelle coalition gouvernementale

Une page s’est tournée dimanche en Israël, marquant la fin de l'ère Netanyahou, après 12 ans de pouvoir. Le Parlement a voté la confiance au gouvernement mené par Naftali Bennett et Yaïr Lapid. Rassemblant les extrêmes du sceptre politique, la coalition gouvernementale devra trouver un terrain d’entente sur tous les dossiers à traiter, pour éviter de voler en éclats.

Entretien réalisé par Adélaïde Patrignani – Cité du Vatican

Un vote très serré a mis fin dimanche 13 juin à deux années de crise politique en Israël. Dans la Knesset, 60 députés se sont exprimés pour la "coalition du changement", 59 contre et un s’est abstenu. Le nouveau Premier ministre Naftali Bennett se retrouve ainsi à la tête d’une coalition de 8 partis, allant de la droite nationaliste à la gauche, et qui pour la première fois dans l’histoire du pays a reçu le soutien d'une formation arabe islamiste, le parti Raam de Mansour Abbas.

«C’est un jeu d’équilibriste, ce gouvernement ne tient qu’à un fil», estime Frédérique Schillo, historienne, spécialiste d’Israël et des relations internationales. Sur les grands sujets de politique intérieure et extérieure, cela obligera le Premier ministre «à aller vers la modération, le compromis», bien que le gouvernement «penche très à droite». «Le plus grand péril serait qu’un évènement extérieur ou un dossier brûlant – comme par exemple la question des religieux ou la question palestinienne – arrive sur le devant de la scène, parce que la coalition est tellement hétéroclite que cela l’obligerait à prendre position et sans doute à susciter des controverses, des débats, voire des scissions en interne», analyse Frédérique Schillo.

Israël franchit cette nouvelle étape dans un contexte diplomatique et économique délétère. L'opposition avait décidé de se souder contre Benyamin Netanyahou à la suite des législatives de mars dernier. Elle a atteint son objectif, et devra maintenant s’unir autour d’autres chantiers attendus par une population en quête d’apaisement. "Bibi", impliqué dans un procès pour corruption, a quant à lui promis qu'il serait «de retour bientôt» sur la scène politique de son pays.     

Analyse de Frédérique Schillo

Frédérique Schillo a participé à la rédaction du livre Jérusalem (Bouquins/Robert Laffont).

15 juin 2021, 08:23