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Image d'illustration. Une artère de Port-au-Prince, le 12 avril 2021. Image d'illustration. Une artère de Port-au-Prince, le 12 avril 2021.   (AFP or licensors)

Haïti : des affrontements entre gangs poussent des centaines de civils à fuir

Selon la protection civile haïtienne, des centaines d’Haïtiens ont été contraints de fuir leur domicile à cause des affrontements entre gangs dans un quartier de l’ouest de Port-au-Prince, la capitale, dimanche 6 juin.

Marine Henriot - Cité du Vatican

Sur les réseaux sociaux, de nombreuses vidéos montrant les riverains prendre la fuite, les valises sous les bras, ont été postées dans la journée du dimanche 6 juin. La protection civile a recensé 562 déplacés internes, parmi lesquels 69 enfants et cinq femmes enceintes, réfugiés dans une église d'une commune voisine, précise le communiqué de l'institution qui a aidé à leur «distribuer, ces dernières heures, de la nourriture, de l'eau et des kits d'hygiène», selon l’AFP.

Les violences entre gangs rivaux ont eu lieu à Martissant, un quartier dans l’ouest de Port-au-Prince. Pourtant située à quelques centaines de mètres de palais présidentiel, cette zone où la police est très peu présente est désormais largement contrôlée par des bandes armées qui se disputent régulièrement la maîtrise de ce territoire densément peuplé et où passe une route nationale, ce qui complique l'accès à la moitié sud d'Haïti. En fin d'après-midi dimanche, le Premier ministre a insinué que l'opposition politique serait à l'origine des violences, détaille l’AFP.

Un pays rongé par la violence

Depuis octobre 2020, 73 enfants et femmes ont été ciblés par les violences des gangs, alertait l’Unicef en avril dernier. Haïti enregistre une recrudescence des enlèvements contre rançon qui touchent indistinctement les habitants les plus riches et la majorité vivant sous le seuil de pauvreté. Cela fait plusieurs longs mois que l’insécurité est grandissante sur l'île, et les manifestations contre le pouvoir se multiplient. 

«La Conférence épiscopale haïtienne continue de jouer son rôle de sentinelle, en faisant des mises en garde, en rappelant l’urgence d’une transformation en profondeur des mentalités, des structures, de la manière de gouverner et de faire de la politique», nous déclarait en novembre 2020, Mgr Launay Saturné, archevêque de Cap-Haïtien et président de la Conférence épiscopale haïtienne, à propos du marasme politique et social que traverse son pays.

Contexte politique troublé

Le 27 juin, un référendum constitutionnel est prévu. Les évêques de l’ile critiquent la tenue de ce scrutin qui risque selon eux de générer encore des jours sombres. La constitution actuelle est celle rédigée en 1987, après la chute de la dictature des Duvalier, qui stipule que «toute consultation populaire tenant à modifier la Constitution par voie de référendum est formellement interdite».

La légitimité de Jovenel Moïse, qui gouverne par décrets et sans contre-pouvoir depuis janvier 2020, est par ailleurs largement contestée par une partie de l'opposition politique et de nombreuses organisations de la société civile. 

07 juin 2021, 12:57