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Des réfugiés syriens arrivant en bateau sur les côtes turques. Image d'illustration. Des réfugiés syriens arrivant en bateau sur les côtes turques. Image d'illustration.   (AFP or licensors)

Au Danemark, les dangers de l’externalisation du droit d’asile

Jeudi 3 juin, le parlement danois devrait adopter une loi sur l’externalisation du droit d’asile. Un système qui permettrait au Danemark de sous-traiter l’accueil des demandeurs d’asile par un pays tiers. Les défenseurs des droits de l’homme s’inquiètent de cette dérive.

Marine Henriot – Cité du Vatican

La journée promet d’être houleuse ce jeudi au parlement danois. Les députés s’apprêtent à voter une loi sur l’externalisation du droit d’asile. Le gouvernement social-démocrate danois cherche ainsi à décourager l’arrivée de demandeurs d’asile sur son sol, quitte à les envoyer vers d’autres pays non européens, où leurs droits les plus basiques ne seraient pas nécessairement respectés.

Une idée d’abord prônée par l’extrême droite européenne, pour supprimer totalement l’arrivée de réfugiés sur le continent européen, et finalement devenue promesse de campagne du leader social-démocrate danois, Mette Frederiksen, qui s’est ainsi emparé des voix d’extrême droite de son pays. En 2020, le Danemark a reçu 1547 demandes d’asile, le chiffre le plus bas depuis 1992. Tandis que la population danoise semble adhérer à ce projet, les défenseurs des droits de l’homme s’inquiètent de cette dérive.

Remise en cause de la Convention de Genève

Selon Sara Prestianni, responsable migrations et asile à Euromeds droit, cette externalisation du droit d’asile remet en cause le respect de la Convention de Genève de 1951 sur le statut des réfugiés, pour laquelle «Devant la persécution, toute personne a le droit de chercher asile et de bénéficier de l'asile en d'autres paysCe droit ne peut être invoqué dans le cas de poursuites réellement fondées sur un crime de droit commun ou sur des agissements contraires aux buts et aux principes des Nations unies

D'après ce projet de loi dont les contours sont encore flous, les personnes réfugiées arrivant sur le territoire danois seront enregistrées sur le sol danois, leur empreintes digitales vérifiées, puis mises dans un avion direction un pays tiers qui prendra le relais. Des accords auraient été pris avec le Rwanda pour jouer ce rôle de pays-tiers. Ce modèle inspiré du modèle australien est très inquiétant nous détaille Sara Prestianni, après la délégation des frontières de la Méditerranée aux garde-côtes libyens, «le Danemark franchit une dernière étape en plus grave en terme du restriction du droit d’asile».

Pour la responsable migrations et asile de Euromeds droit, le Rwanda a plusieurs intérêts à endosser ce rôle de pays tiers. Tout d’abord économique, «il reçoit un soutien financier des pays européens en échange de la gestion des frontières», mais également politique, «le Rwanda est enfin reconnu en tant que partenaire».   

Entretien avec Sara Prestianni
01 juin 2021, 15:09