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La chapelle vivante réalisée par "Living Laudato Si' Philippines" dans le diocèse de Romblon. La chapelle vivante réalisée par "Living Laudato Si' Philippines" dans le diocèse de Romblon.  Histoires partagées

Aux Philippines, un chemin d’écologie intégrale à tous les niveaux de la société

Rodne Galicha est le directeur exécutif de Living Laudato Si' Philippines, une organisation de laïcs catholiques née en 2018 à Manille et répandue dans toutes les Philippines, dont l'objectif est de donner aux citoyens et aux institutions les moyens d'adopter des modes de vie et des comportements placés sous le signe de la sauvegarde de la création.

VNS

Living Laudato si' Philippines est l'une des réalités relayées par la Plateforme Laudato si', l'outil d'action que le Dicastère pour le Service du Développement humain intégral vient de lancher à l'issue de la Semaine Laudato si' organisée pour célébrer la fin de l'année organisée pour réfléchir sur l'encyclique de 2015 et faire le point sur les progrès réalisés par l'Église et les catholiques du monde entier sur le chemin de la conversion écologique. Le Pape François en a parlé aujourd'hui dans son message vidéo, après l'avoir annoncé dimanche sur la Place Saint-Pierre.

Lors du Regina Caeli de ce dimanche de Pentecôte, cinq ans après la publication du document, François avait en effet invité tous les «hommes de bonne volonté» à prendre concrètement soin de «notre maison commune et de nos frères et sœurs les plus fragiles».

Aujourd'hui, «la Plateforme d'initiatives Laudato si' cherche à traduire le rêve du pape François en actions», explique le père Joshtrom Isaac Kureethadam, coordinateur du secteur Écologie et Création du Dicastère pour le service du développement humain intégral. «Dans son encyclique, le Pape a proposé de créer un mouvement populaire, à partir de la base, pour le soin de notre maison commune. À la fin de l'Année Laudato si', nous avons pensé que le moment était arrivé, à la fois en raison de l'urgence de ce double cri de la terre et des pauvres dont parle l'encyclique, qui est devenu encore plus fort et plus douloureux ces dernières années, et parce que c'est ce que la pandémie actuelle met en évidence, souligne le religieux salésien. Je ne dirais pas que nous commençons quelque chose de nouveau parce que grâce à l'action de l'Esprit Saint, dans de nombreuses parties du monde, des communautés, des responsables, des paroisses, des écoles, des universités, des ordres religieux sont en train de s'engager et sont déjà tellement engagés dans la mise en pratique de l'encyclique.»

Mettre en mouvement des réalités différentes

La plateforme Laudato si', poursuit le père Kureethadam, cherche donc à «donner une structure, un esprit commun à toutes les initiatives, avec un objectif très précis : rendre nos communautés totalement durables, selon l'esprit de l'écologie intégrale, dans un parcours de sept ans. Nous avons identifié autant de secteurs, à commencer par nos familles, puis les paroisses et les diocèses, les écoles et les universités, les hôpitaux et les centres de soins, le monde économique avec les entreprises, y compris agricoles, le secteur des groupes, des mouvements et des ONG catholiques, et enfin celui des ordres religieux», a-t-il ajouté. Collaborent au projet avec le Dicastère du Vatican : Caritas Internationalis, le Mouvement catholique mondial pour le climat (GCM), l'Union des supérieurs et des supérieures généraux, le réseau Cidse - Ensemble pour la justice mondiale et divers groupes de jeunes, dont l'Alliance verte de Don Bosco, et des groupes ecclésiaux comme le Repam.

L'urgence, ajoute le coordinateur du secteur Écologie et Création, est de «répondre au cri de la terre, pour l'énergie, l'eau, la biodiversité, et au cri des pauvres, parce que dans tout ce que nous faisons, nous mettons au centre, comme le Pape nous y invite, les plus vulnérables, non pas parce qu'ils sont des victimes, mais en tant que protagonistes de ce voyage». Elle vise également une économie écologique, l'éducation et la spiritualité, l'adoption de modes de vie simples et l'engagement communautaire.

Des milliers de personnes ont déjà adopté les initiatives de la Plateforme Laudato si': «Notre espoir est que chaque année nous puissions au moins doubler le nombre de communautés qui adhèrent à cette voie et atteindre ainsi la "masse critique", qui est le véritable objectif, précise le prêtre. Nous commençons en tant qu'Église catholique, mais nous espérons qu'elle pourra devenir un chemin œcuménique, interreligieux, impliquant d'autres réalités. L’important est d'avoir un dialogue entre nous tous pour reconstruire notre maison commune.»

Une expérience concrète menée aux Philippines

En ce qui concerne l'économie écologique proposée dans la plate-forme, l'organisation Living Laudato Si' Philippines, explique Rodne Galicha, s'est par exemple concentrée ces deux dernières années «sur la campagne de désinvestissement, parce que nous devons vraiment examiner comment nous dépensons nos ressources financières et comment nous répondons au défi de Laudato si', en particulier sur les dépôts financiers, parce qu'en fin de compte, c'est la façon dont nous dépensons notre argent et soutenons les industries et les activités qui peuvent endommager la maison commune», ajoute-t-il.

La réalité philippine est également axée sur la campagne #LS211, qui encourage les jeunes et les adultes à devenir, par de «petits actes d'amour», des «éco-citoyens partout et à tout moment, à l'école, à la maison ou au travail». En particulier dans les écoles et les universités catholiques, Living Laudato Si' Philippines propose une connaissance de l'encyclique «non seulement en intégrant Laudato Si' dans le programme d'études, mais dans toutes les facettes des plans d'activité des établissements d'enseignement», précise-t-il.

Des jeunes engagés dans la diffusion des principes de Laudato si'.
Des jeunes engagés dans la diffusion des principes de Laudato si'.

Au niveau des communautés de fidèles, dans deux paroisses du diocèse philippin de Romblon, celle de Santo Niño dans le village de Danao, sur l'île de Cebu, et celle de Saint-Thomas de Villanova sur l'île de Tablas, une chapelle vivante et des jardins Laudato si' ont également été construits. Dans la paroisse Saint-Thomas, «les paroissiens construisent un escalier de 500 marches qui, depuis le jardin Laudato si', mène à la Chapelle vivante: nous voulons commémorer les 500 ans de l'arrivée du christianisme aux Philippines», qui tombera en cette année 2021, démontrant que l'Église continue d'être «une maison pour les marginalisés et les opprimés» dont nous entendons le cri et y répondons.

Avec de telles impulsions, le père Kureethadam remarque que l'Année Laudato si' «a été vraiment un moment de grâce, au milieu de la crise de la pandémie que nous vivons encore: je crois que nos fidèles et le peuple ont vu avec joie et enthousiasme la proposition de mettre en œuvre ce changement pour une écologie intégrale que la pandémie exige aussi de nous». La «bonne nouvelle», fait écho Rodne Galicha, est que «nous entrons dans une nouvelle voie, à tous les niveaux de notre société».

Vatican News Service - GA

25 mai 2021, 17:16