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Vue sur le mémorial (inachevé) de Bisesero, à l'ouest du Rwanda, édifié là où se réfugièrent des tutsis durant le génocide, et où plus de 60 000 d'entre eux auraient été massacrés. Vue sur le mémorial (inachevé) de Bisesero, à l'ouest du Rwanda, édifié là où se réfugièrent des tutsis durant le génocide, et où plus de 60 000 d'entre eux auraient été massacrés.   (AFP or licensors)

Génocide au Rwanda: un prêtre incarcéré en France

Un prêtre franco-rwandais, vivant depuis plus de 20 ans en France, est incarcéré depuis le 14 avril dernier, rattrapé par des accusations sur son rôle lors du massacre de Tutsi réfugiés dans son église en 1994, au début du génocide au Rwanda.

Le père Marcel Hitayezu a été mis en examen et inculpé ce mercredi. Selon les informations du Parquet national antiterroriste (Pnat) - chargé du suivi des dossiers de crimes contre l'humanité –, il est accusé d'avoir «privé de vivres et d'eau des Tutsi s'étant réfugiés dans son église» et d'avoir «fourni des vivres aux miliciens ayant attaqué les Tutsi réfugiés» dans sa paroisse de Mubuga, dans le Sud du Rwanda. Le prêtre «a contesté ces faits lors de son interrogatoire devant le juge d'instruction», a précisé le Pnat dans un communiqué. A l'issue de son interrogatoire, le prêtre été mis en examen, notamment pour «génocide» et «complicité de crimes contre l'humanité», puis placé en détention provisoire.

Enquête ouverte en 2016

Il avait été arrêté quelques heures plus tôt à son domicile, dans un village de Charente-Maritime, dont il était, selon le diocèse de La Rochelle joint par l'AFP, vicaire de la paroisse. Une arrestation ordonnée par un magistrat du pôle "Crimes contre l'humanité" du tribunal de Paris, chargé depuis le 26 juillet 2019 d'une enquête visant le prêtre. Cette enquête avait été ouverte trois ans après le refus définitif de la justice française, en octobre 2016, d'extrader le père Marcel Hitayezu vers le Rwanda.

Selon le quotidien La Croix, après trois ans passés dans des camps de réfugiés dans l'Est de la République démocratique du Congo (RDC), le prêtre était «arrivé entre 1998 et 1999» dans le diocèse de La Rochelle, avant de se voir accorder le statut de réfugié en janvier 2011.

Cette mise en examen «est une excellente nouvelle», a réagi auprès de l'AFP Alain Gauthier, cofondateur du Collectif des parties civiles pour le Rwanda (CPCR), partie civile dans le dossier.

Entre avril et juillet 1994, le génocide mené au Rwanda a fait plus de 800 000 morts selon l'ONU, essentiellement au sein de la minorité tutsi.

(Avec AFP)

17 avril 2021, 10:20