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Un migrant au téléphone dans un campement des îles Canaries, en Espagne. Un migrant au téléphone dans un campement des îles Canaries, en Espagne. 

Le Royaume-Uni doit bâtir une nouvelle approche des migrations

La question des demandeurs d'asile nécessite une approche plus humaine, dans laquelle l'homme est placé au centre : c'est ce qu'affirme le nouveau rapport publié par le Service jésuite des Réfugiés au Royaume-Uni, qui a reçu le soutien des évêques.

«Faire preuve d'humanité dans le système d'asile»: c’est que demande dans une note Mgr Paul McAleenan, président de la Commission épiscopale pour les migrants et les réfugiés, qui rappelle que «les réfugiés ne sont pas un problème politique à résoudre, mais des personnes avec une dignité qui méritent notre respect et notre protection».

La question est à l'ordre du jour après la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, et surtout après la nouvelle loi sur l'immigration présentée par la ministre de l'Intérieur, Priti Patel: le programme prévoit que les personnes qui entrent illégalement dans le pays et demandent l'asile n'auront plus les mêmes droits que celles qui arrivent légalement, en respectant les nouvelles règles.

Tout en étant conscient que le système d'accueil actuel a besoin d'être réformé, le JRS rappelle que l'objectif premier doit être «d'écouter et de protéger les réfugiés, en leur permettant de prospérer et de reconstruire leur vie». Au lieu de cela, «les nouvelles propositions du gouvernement sont formulées sur la base que les demandeurs d'asile mentent» et finissent par «consacrer plus de temps au rejet des demandes d'asile, plutôt que de s'assurer que les demandeurs bénéficient de protections et de nouvelles opportunités». En fait, ils «refusent la possibilité d'un établissement permanent à un grand nombre de réfugiés au Royaume-Uni et obligent les demandeurs à vivre dans des centres de détention ou d'accueil semblables à des ghettos en attendant l'examen de leur demande d'asile».

Protéger la dignité humaine

Une telle approche, en définitive, «sera autodestructrice et représentera une menace pour le tissu social et culturel national». D'où la référence des jésuites à la Doctrine sociale de l'Église qui, au contraire, offre des principes utiles pour «imaginer un nouveau système basé sur la justice», visant à gérer les frontières sur la base de «l'humanité commune et des besoins humains qui transcendent les frontières nationales». «La dignité humaine doit être protégée et entretenue, et le bien commun ne peut être atteint que si nous participons tous et si les plus marginalisés sont inclus», dans une perspective de solidarité.

Pour le JRS, le nouveau système d'asile doit donc viser à «consacrer la protection et la transparence au cœur du processus de détermination de l'asile, dans une culture où les demandeurs d'asile sont écoutés; offrir des frontières ouvertes à ceux qui ont besoin de protection; soutenir les demandeurs d'asile et les réfugiés afin qu'ils vivent dans la dignité et participent pleinement à la vie sociale, économique et politique du pays; promouvoir une société qui accueille, protège, promeut et intègre les demandeurs d'asile», selon les quatre verbes souvent rappelés par le Pape François.

Ce rapport «a été compilé en écoutant véritablement les voix des réfugiés et leurs expériences, ce que nous devrions tous faire beaucoup plus souvent», explique Mgr McAleenan. Il espère donc que «cette étude sera sérieusement prise en considération par les politiques et qu'elle contribuera à la construction d'un système d'asile qui place les personnes au centre».

Vatican News Service - IP

19 avril 2021, 15:26