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Mgr Antonio Juliasse Sandramo, administrateur apostolique de Pemba depuis février 2021 Mgr Antonio Juliasse Sandramo, administrateur apostolique de Pemba depuis février 2021 

Mozambique: l'administrateur apostolique de Pemba appelle à la fraternité

L'administrateur apostolique du diocèse de Pemba, a appelé à la fin de la guerre dans la province de Cabo Delgado, où la ville de Palma est tombée ce lundi aux mains de groupes jihadistes.

Dans son homélie pour le dimanche des Rameaux, Mgr António Juliasse Ferreira Sandramo a invoqué la miséricorde du Christ afin que «tout puisse être changé de l'intérieur» et que cette guerre «que personne ne comprend et qui nuit à tout le monde puisse se terminer le plus rapidement possible».

Le gouvernement doit agir

Il a rappelé aux dirigeants mozambicains leur devoir de garantir la justice afin de «préserver les personnes des maux». «La justice dans une nation n'est pas négociable. Un dirigeant qui ne pratique pas la justice n'est plus vraiment un dirigeant», a-t-il déclaré, soulignant que le gouvernement devrait prêter attention aux plus pauvres et les aider à surmonter la pauvreté, et que personne ne devrait être exclu «pour des raisons religieuses, politiques, ethniques ou même régionales».

Il a également souligné que les chefs religieux ne devraient pas fomenter la violence, car «il n'y a pas de religion de la violence». Les chefs de gouvernement ne peuvent pas «se laver les mains» de leurs responsabilités, comme Pilate, car cela signifie condamner des personnes innocentes. «Si un dirigeant se lave les mains, il condamne toutes les personnes qu'il gouverne», a souligné l’administrateur apostolique. Mgr Juliasse a enfin demandé à Dieu de montrer aux Mozambicains une autre voie: non pas «le chemin de la violence, ni le chemin de la cruauté, mais le chemin de l'amour, de la fraternité».


Quatre ans de terreur

La violence dans la province septentrionale de Cabo Delgado a éclaté fin 2017, lorsqu'un groupe djihadiste local connu sous le nom d'Ansar al-Sunnah, qui a déclaré son allégeance au groupe État islamique, a lancé un mouvement de rébellion qui s'est intensifié l'année dernière. La province de Cabo Delgado est l'une des plus pauvres du Mozambique, mais son sous-sol est très riche en gaz et en rubis, ce qui a attiré de nombreuses sociétés étrangères, ainsi que milices jihadistes voulant y introduire la loi islamique et créer un califat. Les milices ont attaqué des villages, des églises, tué des civils et des militaires pour s'emparer d'infrastructures stratégiques et de mines d'extraction. Ces attaques meurtrières visent aussi bien les chrétiens que les musulmans.

En près de quatre ans, plus de 670 000 personnes ont dû quitter leur foyer, selon l'ONU, et au moins 2 600 sont mortes, dont plus de la moitié de civils, selon l'ONG Acled. La ville portuaire de Palma, aux confins du nord du pays, est tombée ce lundi dans les mains des jihadistes après six jours de raids et de pillages ayant aggravé la situation humanitaire.

La crise dans le Cabo Delgado a déjà suscité plusieurs appels de la part de l’Église, notamment par la voix de l'ancien évêque de Pemba, Mgr Luiz Fernando Lisboa, et celle des évêques mozambicains. Le Pape François a lui aussi attiré l’attention sur la situation dans cette région, notamment dans son message Urbi et Orbi de Pâques, le 12 avril 2020.

Vatican News Service - LZ

30 mars 2021, 11:09