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Madagascar : préparer le repas pascal malgré la sécheresse

La sécheresse continue de faire des ravages dans la pointe sud de l'île de Madagascar. Le père Jean, fondateur de l’association SOS Toliara, qui vient en aide à la population locale, se démène pour préparer un repas pascal pour les habitants de quatre villages, touchés par le manque de nourriture.

Marine Henriot - Cité du Vatican

Pour certains, c’est l’unique fois de l’année où ils mangent de la viande, alors le père Jean, malgache, salésien, qui a tout plaqué pour fonder l’association SOS Toliara, se démène pour les préparatifs du repas pascal, «Nous achetons des animaux pour la viande, du riz et des desserts», explique-t-il. L’association qui vient toute l’année en aide à la population espère «nourrir le plus de personnes possible» pour ce repas pascal, car les gens affamés sont nombreux. Alliant système D et générosité des donateurs, le père Jean aimerait nourrir 7000 personnes, soit la population de quatre villages, «c’est un grand bonheur pour eux de trouver un morceau de viande».

La sècheresse toujours forte

De décembre à mars, l’île de Madagascar est enveloppée par la saison des pluies. Pourtant, dans la pointe sud de la Grande Ile, le ciel reste éternellement sec. «Les averses restent très rares, alors les gens recueillent l’eau dans les trous sur les routes», explique le père Jean, la population sombre dans la pauvreté et la famine, «des enfants meurent de faim».

En effet, l’aridité de la terre rend toute culture impossible, «tout meurt sans pluie», nous expliquait déjà le salésien en novembre dernier, alors la population n’a d’autre choix que de s’adapter tant bien que mal. Dans certains territoires, elle se nourrit avec le fruit du cactus, quand il n’y a plus de fruits, il faut cuir les feuilles les plus souples après avoir enlevé les épines. Quand il n’y a plus de feuilles molles de cactus, c'est au tour des tamarins verts mélangés avec de la cendre pour enlever le goût acide, en espérant que ce mélange de fruit tropical et de cendre remplisse l’estomac. «Il est difficile de s’adapter quand on ne peut pas prévoir ni savoir quand la pluie va tomber», il y a deux ans, le père Jean a trouvé un enfant mort de soif dans les bras de sa mère.

Appel à l’aide

Afin de mener au mieux les préparatifs du repas pascal, le père Jean lance un appel à l’aide. Dans cette région, la population se prive toute l’année, «Nous entrons la semaine prochaine dans la semaine sainte, c'est un moment pour aider les autres», lance-t-il, «je vous demande de faire ce sacrifice pour les pauvres». Pour aider l’association SOS Toliara, c’est ici.   

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L'association SOS Toliara organise notamment des repas collectifs pour nourrir la population dans le besoin.
27 mars 2021, 12:31