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Une adolescente au camp Roj dans la province d'Hassaké, le 4 février dernier. Une adolescente au camp Roj dans la province d'Hassaké, le 4 février dernier.  (AFP or licensors)

Caritas lance une campagne d'aide pour les enfants syriens

Dix ans après le début de la guerre, les organisations venant en aide à la population syrienne s'inquiètent. Caritas Internationalis vient de lancer une campagne pour permettre aux enfants de rester scolariser. Avant même la pandémie, à la fin de 2019, 1 enfant sur 3 ne fréquentait plus l'école dans le pays.

Il y a dix ans, le 15 mars 2011, débutait le conflit syrien. Ce jour-là, à Damas, une foule dense s'était rassemblée à la suite de l'arrestation de plusieurs jeunes alors qu'ils peignaient des graffitis contre le président Bachar al-Assad. Les jours suivants, les marches de protestations se sont intensifiées, des affrontements avec la police ont eu lieu et certains manifestants ont été tués. C'est ainsi qu'a commencé une guerre qui a engagé de nombreuses nations et profondément meurtri la population. On parle de plus de 387 000 morts depuis 2011.

«Près des 3/4 de la population ont désormais besoin d'une aide humanitaire, soit une augmentation de 20% par rapport à il y a 12 mois» rapporte le CICR qui s’inquiète de l’oubli dans lequel pourrait tomber ce pays toujours en guerre.

Caritas Internationalis elle aussi s’inquiète. Elle estime qu’en 2020, le nombre de personnes ayant eu besoin d’une aide humanitaire s’élevait à 11,1 millions de Syriens. Parmi eux, 4,7 millions de personnes ont un besoin majeurd’aide, relève l’organisation qui a recensé 6,7 millions de déplacés à l’intérieur du pays.

8 Syriens sur 10 sous le seuil de pauvreté


À ces années de guerre, il faut ajouter le fort impact de la pandémie de Covid-19 qui a touché officiellement à ce jour près de 16 000 personnes pour plus d'un millier de décès. Outre la perte de vies humaines, les conséquences économiques seraient notables. Selon Caritas, 8 personnes sur 10 vivent aujourd’hui en dessous du seuil de pauvreté. Parmi les populations les plus menacées: les enfants, les femmes enceintes, les jeunes filles, les personnes handicapées et les personnes âgées.

Caritas Internationalis a ainsi lancé une campagne "Demain est entre nos mains" qui viendra en particulier en aide aux mineurs. «Les enfants syriens n'ont connu que la guerre, ils ont appris à se cacher au premier bruit, ils ont dit au revoir à leurs proches et amis, contraints d'émigrer ou tués au combat» déplore l’organisation. Mais les mineurs risquent surtout d'être privés de leur avenir. «Déjà à la fin de 2019, on estimait que 2,45 millions d'entre eux, soit 1 sur 3, n'étaient pas scolarisés» et la pandémie de coronavirus a poussé «50 % d'enfants supplémentaires hors du système éducatif». Ces enfants seraient aujourd’hui contraints de travailler pour contribuer à la survie des ménages.

Offrir un autre avenir aux jeunes

La campagne lancée par Caritas se focalise sur trois objectifs: l'aide humanitaire, l'éducation et la santé. Elle vise d'abord à «soutenir les enfants dans les lieux d'éducation, en leur fournissant un repas quotidien pour les aider à augmenter et à maintenir leur assiduité en classe»; ensuite, elle cherche à «leur fournir un kit complet de matériel éducatif en fonction de leur groupe d'âge» et enfin elle a pour objectif de «les éduquer aux règles d'hygiène anti-Covid, afin de les empêcher de devenir des vecteurs de contagion dans la famille et parmi leurs pairs». Chaque objectif de la campagne peut être soutenu par des donateurs avec une contribution respective de 25, 50 ou 100 euros. Toutes les informations à ce sujet se trouvent à cette adresse: https://www.caritas.org/2021/02/syria-tomorrow-is-in-our-hands/

Service d'information du Vatican -IP

06 mars 2021, 13:45