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La ville de Barmenda, dans l'ouest du Cameroun, en novembre 2017. La ville de Barmenda, dans l'ouest du Cameroun, en novembre 2017.   (AFP or licensors)

Cameroun: Human Rights Watch alerte sur des exactions contre la population

Dans un rapport partagé vendredi 26 février, l’ONG de défense des droits de l’homme Human Rights Watch revient sur des exactions attribuées à l'armée camerounaise, et commises en 2020 sur des civils en zones anglophones (Nord-ouest et sud-ouest du pays, le Noso). Ces régions sont secouées par des violences depuis désormais quatre ans.

Marine Henriot - Cité du Vatican

C’était il y a un an dans le village d’Ebam, dans la région anglophone du Sud-Ouest du Cameroun, «une attaque qui a engendré les viols d'au moins 20 femmes et l’arrestation arbitraire et le passage à tabac dans un base militaire de 35 hommes», nous détaille Ilaria Allegrozzi, chercheuse à Human Rights Watch au Cameroun. Un homme a également été assassiné lors de cette attaque qui remonte à mars 2020, une maison a été incendiée et les soldats ont procédé à des pillages. 

Le déroulé de l'attaque

Si le rapport sur cette attaque contre les civils ne sort qu’un an plus tard, c’est notamment car les survivantes des violences sexuelles ont peur des représailles et souffrent de stigmatisation, détaille la chercheuse. Par ailleurs, souligne Ilaria Allegrozzi, cela peut laisser penser que ce type d’incident est bien plus élevé que ce qui a été documenté jusqu’ici. 

Qui sont les victimes ?

Outre des attaques et attentats fréquents visant policiers et soldats, les séparatistes armés multiplient les enlèvements de civils, notamment dans les écoles, et assassinent des habitants qu'ils accusent de «collaborer» avec Yaoundé. L'attaque d'Ebam a été perpétrée 15 jours après le massacre de Ngarbuh, dans la région du Nord-Ouest, qui avait provoqué un tollé international. L'ONU avait dénombré 23 civils tués, dont quinze enfants et deux femmes enceintes.

Le régime du président Paul Biya, 88 ans dont plus de 38 au pouvoir, avait longtemps nié la responsabilité de son armée dans ce drame avant, sous d'intenses pressions internationales, d'ordonner une enquête et faire arrêter trois militaires.

Depuis quatre ans, ce conflit a fait plus de 3 500 morts et forcé plus de 700 000 personnes à fuir leur domicile. 

A la fin du mois de janvier dernier, le Secrétaire d’Etat du Saint-Siège, le cardinal Pietro Parolin, s’était rendu quelques jours au Cameroun, signe de l’attention du Pape François envers ce pays. Le 28 octobre 2020, à l’issue de l’audience générale, le Saint-Père avait tenu à revenir sur la sordide attaque d’une école à Kumba, dans laquelle 7 enfants avaient tués, par des séparatistes anglophones selon les autorités, «Je m'unis à la douleur des familles des jeunes étudiants barbarement tués samedi dernier à Kumba, au Cameroun», avait-il alors déclaré. 

(avec AFP)

26 février 2021, 14:11