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Des citoyens de Birmanie vivant à Bangkok manifestent dans la capitale thaïlandaise en brandissant des portraits d'Aung San Suu Kyi, le 10 février 2021. Des citoyens de Birmanie vivant à Bangkok manifestent dans la capitale thaïlandaise en brandissant des portraits d'Aung San Suu Kyi, le 10 février 2021. 

Les évêques de Birmanie demandent la libération immédiate d'Aung San Suu Kyi

Depuis le coup d’État du 1er février, les évêques de Birmanie veulent éviter l’isolement de leur pays et expriment leur préoccupation face au rétablissement du régime militaire.

«Nous appelons les chrétiens à prier et à jeûner pour que la paix, la justice et le développement règnent dans le pays».  C'est ce qu'a déclaré la Conférence des évêques catholiques du Myanmar (CBCM), l’autre nom de ce pays, dans une déclaration publiée hier, le 9 février, dans laquelle elle exhorte les militaires à agir pacifiquement et à libérer immédiatement Aung San Suu Kyi et les autres dirigeants détenus.

Les évêques, profondément préoccupés par l'imposition de l'état d'urgence pendant un an après la prise du pouvoir par les militaires le 1er février, ont appelé les citoyens à s'abstenir de toute forme de violence et de discrimination et ont demandé à la communauté internationale de prêter main forte au peuple de la Birmanie.

Intensification des manifestations

Partout dans le pays, les protestations s’intensifient contre le coup d'État, qui a fait tomber le gouvernement dirigé par la Ligue nationale pour la démocratie, le parti d’Aung San Suu Kyi, dans un délicat partage du pouvoir avec l’armée qui avait continué à contrôler de larges parts de l’État, notamment les ministères de l’Intérieur et de la Défense.

Le 9 février, des milliers de personnes sont descendues dans les rues de Naypyitaw, Rangoun, Mandalay et d'autres villes, défiant l'interdiction des grands rassemblements. À Naypyitaw, la capitale administrative, la police a utilisé des canons à eau, des gaz lacrymogènes et des munitions réelles. Pendant ces manifestations, au moins une femme a été tuée, une autre a été hospitalisée et au moins 60 personnes ont été arrêtées par la police, selon les médias. Les Nations Unies ont condamné l'usage de la force par les agents de la sécurité publique et ont affirmé le droit des personnes à se réunir pacifiquement et à exprimer librement leurs opinions.

Les prêtres et religieux doivent éviter de manifester avec des signes distinctifs

Dans la lettre, signée par le cardinal Charles Bo, président de la Conférence des évêques du Myanmar, et par Mgr John Saw Yaw Han, son secrétaire général, les prélats ont déclaré que «les prêtres, les religieux et les séminaristes ne sont pas autorisés à organiser des manifestations de rue avec des drapeaux de l'Église catholique ou avec des symboles catholiques ou avec le nom d'organisations catholiques» et ne peuvent exprimer leur soutien qu'en tant que citoyens du Myanmar. La directive a été accueillie par des opinions discordantes de la part des catholiques du pays.

Lors de l’Angélus de dimanche dernier et de son discours au Corps diplomatique de mardi, le Pape François, qui avait visité le pays en 2017, a exprimé son inquiétude pour la situation politique en Birmanie.

Vatican News Service - AP

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10 février 2021, 18:38