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Des femmes et leurs enfants dans un centre médical à Manille (Philippines) le 26 janvier 2021 Des femmes et leurs enfants dans un centre médical à Manille (Philippines) le 26 janvier 2021 

Selon Caritas Autriche, la pauvreté des enfants s'aggrave dans le monde

Caritas Autriche tire la sonnette d'alarme: les conflits, les catastrophes naturelles et la pandémie de coronavirus ont un impact dévastateur sur des millions d'enfants. «La pauvreté des enfants est un défi mondial qui aura des effets à long terme, sur les sociétés futures», avertit le président de Caritas Autriche et de Caritas Europe, Michael Landau, dans le cadre de la campagne nationale 2021 de Caritas pour le soutien aux enfants.

Mario Galgano - Cité du Vatican

Interrogée par Vatican News, Caritas se réfère aux estimations de l'UNICEF et de l’ONG Save the Children, selon lesquelles entre 86 et 117 millions d'enfants dans le monde pourraient connaître une situation d'extrême pauvreté suite à la pandémie - en plus des 386 millions d'enfants qui vivront déjà sous le seuil de pauvreté en 2019. Même dans les pays les plus riches du monde, 76,5 millions d'enfants vivent dans une pauvreté relative.

De plus, comme effet indirect de la Covid-19, des centaines de milliers d'enfants devraient mourir prématurément dans les années à venir: un résultat du manque d'accès aux soins médicaux, de la faim, des grossesses prématurées ou de la violence, informe Caritas.

Le cas des enfants dans les zones de conflit

La situation des enfants dans les régions en crise est particulièrement dramatique. En plus des problèmes causés par la pandémie, de nombreux enfants ne se trouvent pas en sécurité à leur domicile en raison de la guerre et des combats, et ils ne peuvent pas toujours se rendre à l’école.

Lorsqu'ils fuient la guerre, les enfants sont blessés ou tués, séparés de leurs parents et de leurs proches, ou recrutés comme soldats. Les filles en particulier courent un grand danger d'être exploitées sexuellement pendant et après les catastrophes, prévient Caritas. «Les enfants sont souvent les plus touchés par les crises, et les conséquences à long terme sur eux sont fatales», souligne Michael Landau, président de Caritas Autriche et de Caritas Europe.

Pas d’amélioration en 2021

Selon le réseau d’organisations caritatives, la situation de nombreux enfants s'est améliorée depuis les années 1990; le nombre d'enfants qui grandissent dans l'extrême pauvreté a également diminué de moitié. Cependant, une personne sur deux touchée par l'extrême pauvreté est encore un enfant. Et bien qu'aujourd'hui plus d'enfants soient scolarisés, il y a encore environ 60 millions d'enfants dans le monde qui ne peuvent même pas aller à l'école primaire, explique Caritas Autriche.

Les perspectives pour 2021 ne sont pas plus lumineuses: la stagnation des chiffres de la pauvreté est le scénario le plus optimiste, mais on peut supposer que le nombre de personnes touchées par la misère continuera d'augmenter.

Selon Michael Landau, il ne faut pas pour autant céder à la résignation: «Chaque enfant doit avoir la possibilité de grandir en sécurité, afin qu'il puisse un jour mener une vie indépendante et heureuse, comme adulte responsable», déclare-t-il. Il cite comme facteurs-clés un foyer sûr et accueillant, des repas suffisants et équilibrés, des soins et, surtout, l'éducation. Chaque année, Caritas Autriche aide 90 000 enfants dans le monde entier à suivre une scolarité. Le président de Caritas Autriche et Caritas Europe estime au nom de son organisation que «nous pouvons et devons renforcer ce soutien, et nous devons être unis sur le thème de l'éducation et de la lutte contre la pauvreté».

26 janvier 2021, 10:42