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Un pharmacien, à Capesterre-Belle-Eau en Guadeloupe, observant un kit de détection du coronavirus. Un pharmacien, à Capesterre-Belle-Eau en Guadeloupe, observant un kit de détection du coronavirus.   (AFP or licensors)

Mgr Riocreux: «Nous pouvons vivre plus simplement»

La pandémie de covid-19 bouleverse toutes nos habitudes. L’assemblée plénière d’automne de la Conférence des évêques de France a été annulée, remplacée par une visioconférence. Mgr Riocreux, évêque de Basse-Terre, a ainsi rejoint son diocèse plus tôt que prévu. Avant de retraverser l’Atlantique, il s’est confié sur cette période particulière.

Entretien réalisé par Xavier Sartre – Cité du Vatican

La Guadeloupe est l'un des rares territoires français qui n’est pas soumis à un nouveau confinement à cause de la pandémie de covid-19 en cet automne. L’île a cependant connu au début de l’année le premier confinement, mettant à rude épreuve, comme dans de nombreux endroits, la société dans son ensemble, et la communauté catholique en particulier. Là aussi, les messes et autres offices furent suspendus.

C’est donc un soulagement pour le moment pour les fidèles de pouvoir continuer à assister à l’eucharistie dans les prochains jours au contraire de leurs frères de métropole ou de Martinique, soumis à l’interdiction de rassemblement même dans des conditions sanitaires éprouvées par l’expérience des derniers mois.

Mgr Jean-Yves Riocreux, évêque de Basse-Terre, reconnaît que ce ne fut pas facile en mars et avril, quand les seuls liens étaient ceux des réseaux sociaux ou des médias catholiques, comme Radio Massabielle, KTO ou le Jour du Seigneur. Ce fut également difficile du point de vue social. Mgr Riocreux parle ainsi des «violences intrafamiliales qui ont triplé durant le confinement».

Malgré ces données négatives, l’évêque de Basse-Terre a trouvé du réconfort dans les lettres des confirmants qu’il lit toujours «attentivement»: «ce fut un temps de renforcement des liens familiaux, de réflexion, de prière et d’approfondissement de la foi dans la lecture de la Bible».

Autre signe d’espérance pour Mgr Riocreux: le fait de savoir que nous avons vécu ce temps difficile et que «nous pouvons le vivre maintenant en sachant la vulnérabilité qui est la nôtre, et en sachant aussi peut-être que nous pouvons vivre plus simplement que nous avons vécu et rejoindre là l’encyclique Laudato si’».

Entretien avec Mgr Jean-Yves Riocreux, évêque de Basse-Terre
07 novembre 2020, 10:19