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Des drapeaux européens et irlandais à la frontière entre l'Eire et l'Ulster. Des drapeaux européens et irlandais à la frontière entre l'Eire et l'Ulster.  (AFP or licensors)

Les Églises d’Irlande appellent à construire une nouvelle relation avec le Royaume-Uni

Les responsables des principales dénominations chrétiennes du pays (catholiques, méthodistes, anglicans et presbytériens) ont diffusé ce 6 octobre une déclaration commune sur le Brexit.

Agir «de manière urgente et généreuse pour assurer les meilleures bases possibles» des futures relations entre l'Irlande, le Royaume-Uni et l'UE dans la période post-Brexit et mettre ainsi fin à «l'incertitude économique et sociale» exacerbée par la pandémie de Covid-19: tel est l'appel urgent lancé par les dirigeants chrétiens irlandais dans une déclaration commune, alors que les négociations en vue de conclure un accord commercial se poursuivent difficilement.

Le point essentiel du litige reste le statut de l'Irlande, et en particulier la relation entre l'Eire et l'Ulster, qui est administrée par le Royaume-Uni et qui est donc impliquée dans sa sortie de l'UE. Les tensions entre les deux rives de la Manche sont exacerbées par la nouvelle loi sur le marché intérieur adoptée le 9 septembre par le gouvernement Johnson, pour laquelle Bruxelles a menacé d'engager une procédure d'infraction contre le Royaume-Uni pour manquement aux obligations qui lui incombent en vertu de l'accord de retrait signé avec l'UE le 20 janvier, quatre ans après le référendum de 2016.

La loi modifie en effet l'accord selon lequel l'Irlande du Nord s'alignerait sur les règles du marché unique européen afin de ne pas recréer une frontière physique avec la République d'Irlande qui, beaucoup le craignent, pourrait faire exploser l'accord de paix du Vendredi Saint (Good Friday Agreement ou Belfast Agreement) signé le 10 avril 1998 par les représentants britanniques et irlandais ainsi que les principaux dirigeants républicains et unionistes de l'Ulster (à l'exception du parti unioniste démocratique - Dup).

Préserver les acquis de la paix en Irlande du Nord

Cette crainte est partagée par les dirigeants chrétiens irlandais. «Le temps disponible pour préparer le Brexit étant limité, il est dans l'intérêt de tous d'obtenir la clarté et la sécurité qu'un accord apportera. Cela est particulièrement vrai pour ceux dont les ressources sont déjà épuisées par l'impact de la Covid-19», souligne la déclaration conjointe signée au nom de l'Église catholique par Mgr Eamon Martin, archevêque d'Armagh et primat de l'Église catholique d'Irlande.

Dans ce document, les dirigeants chrétiens reconnaissent la complexité des défis auxquels sont confrontées les parties aux négociations et l'importance des enjeux, et se félicitent de «l'engagement important des deux parties aux négociations pour sauvegarder l'accord du Vendredi Saint». Ils espèrent que cet accord historique, «considéré comme un succès non seulement pour le peuple d'Irlande du Nord, mais aussi pour les peuples et les gouvernements britanniques et irlandais», servira «de source d'inspiration et de base sur laquelle construire le processus du Brexit».

Au cœur du texte, les chefs religieux irlandais soulignent que «la reconnaissance de l’interdépendance» est une dimension essentielle de l'accord du Vendredi Saint. «La pandémie de Covid-19 a encore renforcé notre prise de conscience de la nécessité de gérer les risques de manière collaborative, non seulement entre la Grande-Bretagne et l'Irlande, mais aussi au niveau européen et international», ajoutent-ils.

Ils lancent donc un appel aux parties concernées pour qu'elles agissent «avec urgence et générosité pour assurer les meilleures bases possibles» à ces relations en évolution, afin que les défis futurs puissent être relevés sur la base de relations de confiance et de respect mutuel.

Vatican News Service - LZ

06 octobre 2020, 15:59