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Manifestations anti-gouvernementales à Sofia Manifestations anti-gouvernementales à Sofia  (REUTERS)

Bulgarie : les manifestations anti-corruption font vaciller le pouvoir

Le pays balkanique est le théâtre d’importantes manifestations depuis plusieurs jours. À l’unisson avec le président Roumen Radev, les protestataires réclament la démission du Premier ministre Boïko Borissov et son gouvernement, taxés de pratiques mafieuses.

Entretien réalisé par Manuella Affejee - Cité du Vatican

Les tensions entre le président socialiste Roumen Radev, et le Premier ministre de centre droit Boïko Borissov étaient déjà évidentes, mais elles se sont considérablement accrues après des perquisitions sans précédent menées au siège de la présidence la semaine dernière et l’arrestation dans la foulée de deux collaborateurs de Radev, inculpés pour trafic d’influence.

S’insurgeant contre ce qu’il considère être un outrage à la présomption d’innocence, le chef de l’État accuse les autorités judiciaires, notamment le parquet de Sofia, d’être à la botte de Boïko  Borissov ; il demande, en conséquence, la démission du gouvernement ainsi que du procureur général du pays, Ivan Geshev.

Ces revendications ont été reprises en chœur par des milliers de manifestants qui défilent depuis plusieurs jours dans les rues de la capitale bulgare et d’autres villes provinciales ; aux cris de «mafia» et «démission», ils dénoncent une corruption omniprésente, et au-delà, un système politique et judiciaire compromis avec l’oligarchie. Le constat n’est, au demeurant, pas nouveau. La Bulgarie est régulièrement rappelée à l’ordre par l’Union européenne qui pointe l’inefficacité des luttes engagées par Sofia contre la corruption.

Boïko Borissov, au pouvoir par intermittence depuis 2009, exclut pour le moment de démissionner ; rappelant que le parti du président est aussi empêtré dans des scandales, le Premier ministre affirme qu’il reste le seul à pouvoir préserver la stabilité du pays, dont les indicateurs économiques sont au plus bas.

Cette contestation anti-corruption, qui n’est pas la première, peut-elle changer la donne et faire tomber le pouvoir de Boïko Borissov ? Quelques éléments de réponse avec Nadège Ragaru, chargée de recherche CNRS au Centre d'études et de recherches internationales (CERI) et enseignante à Sciences Po.

Entretien avec Nadège Ragaru
15 juillet 2020, 07:06