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Fragment d'un des manuscrits de la mer Morte dans un laboratoire de l'Autorité des antiquités d'Israël, le 2 mai 2018. Fragment d'un des manuscrits de la mer Morte dans un laboratoire de l'Autorité des antiquités d'Israël, le 2 mai 2018.   (AFP or licensors)

Terre Sainte: des manuscrits de la mer Morte révèlent des textes invisibles

Quatre fragments des manuscrits de la mer Morte que l’on croyait vierges viennent de révéler de mystérieuses écritures hébraïques antiques, invisibles à l’œil nu. Une découverte, fruit de récents travaux d’une équipe de chercheurs de Londres (King’s College), de Lugano en Suisse (Faculté de théologie) et de l’Université de Malte, publiés le 15 mai 2020.

Delphine Allaire – Cité du Vatican

Sous la surface des minuscules fragments de parchemin, noircis par l'humidité de plus de deux millénaires, les caractères de l'alphabet hébreu et une référence au Shabbat, jour de repos, septième jour de la semaine juive, ont notamment pu être décryptés sur l’ensemble de parchemins et de fragments de papyrus.  Des images de couleur très détaillées capturées à l'aide de la technique infrarouge sous 24 angles différents, explique le communiqué de l’équipe de chercheurs paru le 15 mai. 

Autre copie du Document de Damas

Grâce à l’imagerie multispectrale (technique utilisée pour explorer les secrets de La Joconde), l’équipe de recherche a ainsi détecté sur les parchemins la présence d'un texte hébreu halakhique, de nature juridique, dont il existe d'autres copies à Qumran, rédigées sur du cuir et du papyrus; il s'agit du Document de Damas qui réglementait l'observation du shabbat par un courant du judaïsme, à la fin de la période dite du Second Temple (VIème siècle avant J-C. jusqu’au Ier siècle après J-C.), correspondant donc au temps de Jésus. 

 

Les fragments de peau animale repérés proviennent, eux, des grottes du désert de Judée, en Cisjordanie, endroit caractérisé par un climat très sec, où les pluies sont sporadiques. «C'est une grande émotion d'avoir une expérience directe avec ces textes», explique à Radio Vatican, Marcello Fidanzio, directeur de l'Institut de culture et d'archéologie des terres bibliques de la faculté de théologie de Lugano: «On a le sentiment de combler un vide temporel et de se rapprocher de l'expérience de ceux qui ont écrit, puis lu ces textes».

900 manuscrits découverts dans 12 grottes

Ce projet de recherche prolongeait celui qui avait conduit à la découverte dans les années 1950 de ces quelques 900 manuscrits dits «de la mer Morte», mais aussi appelés, «Manuscrits de Qumran», du nom du site archéologique en Cisjordanie actuelle, sur la rive ouest de la mer Morte. Leur intérêt est considérable pour l’histoire de la Bible.

La découverte de ces quelques 900 manuscrits, copiés entre le IIIème siècle avant J-C. et le Ier siècle après, s’est faite entre 1947 et 1956 dans douze grottes de Qumran où ils avaient été entreposés il y a plus de 2 000 ans. La plupart d’entre eux ont été écrits en hébreu, quelques-uns en araméen, une minorité en grec. L’une des découvertes majeures est le Grand Rouleau d’Isaïe, plus ancien manuscrit hébreu complet et connu d’un livre biblique: le Livre d’Isaïe. Une copie de ce Rouleau est d’ailleurs exposée au Sanctuaire du Livre du musée d’Israël.

Une précieuse conservation

4 des quelques 900 manuscrits de la mer Morte sont conservés dans les collections de la John Rylands Library de l'université de Manchester depuis 1997. Ils avaient été donnés dans les années 1950 par le gouvernement jordanien à Ronald Reed, expert de l'université de Leeds, afin qu'il puisse étudier leur composition chimique et physique.

La très grande majorité des autres précieux manuscrits de l’Histoire du peuple juif est abritée dans une aile souterraine du musée d’Israël, l’un des plus grands musées du Proche-Orient, situé à Jérusalem à proximité de la Knesset.

21 mai 2020, 11:41