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Des chrétiens soudanais en conversation dans une petite église à Omdurman, près de la capitale Khartoum, en août 2019. Des chrétiens soudanais en conversation dans une petite église à Omdurman, près de la capitale Khartoum, en août 2019.  (AFP or licensors)

Un état des lieux contrasté pour la liberté religieuse dans le monde

Le rapport annuel de la Commission américaine sur la liberté religieuse internationale, instituée il y a 22 ans par le Département d’État, dresse un bilan contrasté, soulignant les reculs de la liberté religieuse en Inde mais des progrès notables au Soudan, après la chute du régime d’Omar el-Béchir.

Le rapport, publié le 28 avril, a inclus 14 nations dans la liste des «pays particulièrement préoccupants» (CPC), c'est-à-dire ceux où le harcèlement est «plus systématique, continu et grave». Il s'agit de neuf pays déjà classés en décembre dernier par le Département d'État comme CPS : la Chine, l'Érythrée, l'Iran, la Corée du Nord, le Pakistan, l'Arabie saoudite, le Tadjikistan et le Turkménistan, plus cinq autres : l'Inde, le Nigeria, la Russie, la Syrie et le Vietnam.

Six acteurs non étatiques sont par ailleurs classés comme EPC (Entities of Particular Concern). Il s'agit des milices islamistes al-Shabab en Somalie, du groupe terroriste islamique nigérian Boko Haram, des rebelles chiites houthis au Yémen, de l'État islamique de la province afghane de Khorasan (ISKP), des Talibans d'Afghanistan et de Hay'at Tahrir al-Sham (HTS), une formation militante salafiste actuellement active dans la guerre en Syrie.

Évolution négative en Inde, mais positive au Soudan

Parmi les changements les plus significatifs depuis l'année dernière, on peut citer le déclassement de l'Inde, qui, pour la première fois depuis 2004, figure sur la liste du CPC. Le rapport indique que cette décision a été motivée par le fait que le gouvernement fédéral du gouvernement du Premier ministre Narendra Modi utiliserait sa majorité parlementaire après avoir remporté les élections de mai 2019 «pour promouvoir des politiques au niveau national qui violent la liberté religieuse, en particulier celle des musulmans». Il s'agit notamment de la loi controversée sur la citoyenneté (CAA) adoptée en décembre, qui exclut les musulmans persécutés dans leur pays d'origine de la protection juridique, garantie aux réfugiés d'autres religions.

D'autre part, la Commission a constaté des améliorations dans un certain nombre d'autres pays, dont le Soudan qui, jusqu'à l'année dernière, était classé comme CPC. Depuis la révolution de 2019 s'y sont produites des améliorations que les intervenants considèrent comme «encourageantes», avec notamment l’entrée d’une femme chrétienne au gouvernement. Ces évolutions ne rencontrent pas forcément un fort écho médiatique mais demeurent une réalité à souligner. «Même si la situation a empiré dans d'autres pays, la tendance générale de la liberté religieuse au niveau international s'améliore», a noté le président de cette commission, Tony Perkins.

30 avril 2020, 11:17