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Hommage au cimetière militaire de Varsovie, le 10 avril 2020. Hommage au cimetière militaire de Varsovie, le 10 avril 2020.  

Dix ans après, la Pologne endolorie par la catastrophe de Smolensk

Il y a dix ans à Smolensk près de la frontière biélorusse une catastrophe aérienne coûtait la vie à 96 personnes, dont celle du président polonais en exercice, Lech Kaczynski (1949-2010), et de son épouse. Un traumatisme d’une décennie dont le pays n’a toujours pas guéri. En raison de la pandémie, aucun hommage officiel n’a pu avoir lieu ce vendredi 10 avril.

Delphine Allaire – Cité du Vatican

Quelques prières éparses ont eu lieu dans le pays pour commémorer le tragique événement, comme à Wrocław (région de Silésie, sud-ouest de la Pologne) où l’archevêque Mgr Józef Kupny, a prié dans sa chapelle pour les 96 victimes de l'accident d'avion présidentiel.

Des hommages discrets

Une prière œcuménique spéciale s’est également tenue en la cathédrale de campagne de l'Armée polonaise, principale église de garnison de Varsovie et cathédrale représentative de toute l'armée polonaise. Lors de cette catastrophe de Smolensk en effet avaient péri Mgr Tadeusz Płoski, alors évêque catholique de l’Armée polonaise, et Mgr Miron Chodakowski, évêque orthodoxe de la même armée.

Le frère du défunt président, Jaroslaw Kaczynski, chef du parti conservateur au pouvoir, le Premier ministre Mateusz Morawiecki ainsi que plusieurs responsables politiques ont déposé, dans le centre de Varsovie, des couronnes de fleurs devant la statue de Lech Kaczynski et le monument dédié à toutes les victimes de la catastrophe.

Le président polonais Andrzej Duda a, pour sa part, déposé des fleurs sur la tombe des époux Kaczynski dans la crypte du château royal de Wawel à Cracovie.

La disparition de toute une partie de l’élite polonaise

Le 10 avril 2010 à 10 h 41, heure locale, le Tupolev 154 transportant le président polonais Lech Kaczyński s'écrase lors d'une tentative d'atterrissage sur l'aéroport de Smolensk-nord, ne laissant aucun survivant parmi les 96 personnes à bord.

Outre le chef de l'État, son épouse Maria Kaczyńska, le chef d'état-major des armées Franciszek Gągor ainsi que les dirigeants des différents corps de l'armée polonaise, le gouverneur de la Banque nationale de Pologne, le vice-ministre des Affaires étrangères, des membres des deux chambres parlementaires (dont les vice-présidents des deux chambres), des membres du cabinet présidentiel, des membres du clergé polonais et des représentants des familles des martyrs de Katyń périssent dans cette catastrophe. La délégation polonaise venait se recueillir à Katyń, pour commémorer les victimes du massacre d’officiers et soldats polonais qui eut lieu dans cette même ville il y a 70 ans.

L’enquête controversée est toujours en cours

Interrogé par une journaliste sur les causes de l'accident - attribué principalement à des erreurs humaines côtés polonais et russe par une enquête officielle polonaise contestée par certains conservateurs – le président Duda a estimé aujourd’hui «difficile de prédire aujourd'hui si la question serait élucidée ou non», rapporte le bureau de l’AFP à Varsovie.

«Nous manquons de preuves, l'épave, bien qu'elle appartienne à la Pologne, les boîtes noires sont toujours en Russie; quel commentaire peut-on faire?», a poursuivi le président Duda.

La Russie informe aujourd’hui que «l’enquête continuait», et que le comité qui en a la charge demeure «ouvert à une pleine et entière coopération» avec la partie polonaise. À ce jour, Moscou refuse toujours de rendre les boîtes noires de l’appareil.

Côté russe ce vendredi, une petite cérémonie a été organisée par la partie russe à Smolensk en présence du gouverneur régional Alexeï Ostrovski et du représentant de Vladimir Poutine pour le district fédéral, Igor Chtchegolev.

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10 avril 2020, 18:17