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Vatican News
Une usine de raffinerie pétrolière aux États-Unis. Une usine de raffinerie pétrolière aux États-Unis.   (AFP or licensors)

Covid-19: la chute vertigineuse des cours du pétrole

Le baril américain a de nouveau plongé de plus de 9% sur le marché asiatique ce lundi 27 avril 2020. Les prix du brut restent sous pression en raison des inquiétudes persistantes concernant les capacités de stockage. L'analyse de Sophie Meritet, spécialiste énergie, finance et carbone.

Entretien réalisé par Hélène Destombes - Cité du Vatican

Pour la première de son histoire le prix du brut américain était passé, lundi 20 avril 2020, sous la barre de zéro dollar. Le baril West Texas Intermediate (WTI), référence du marché américain, pour livraison en mai a touché son plus bas niveau: -38,94 dollars. Ses détenteurs étaient prêts à payer pour se débarrasser de leur brut.

Le prix du baril côté à New York, qui s'échangeait encore à 60 dollars en début d'année, s'est effondré ces dernières semaines sous l'effet du confinement instauré dans le monde entier pour lutter contre la pandémie de coronavirus, entraînant la paralysie de nombreuses économies. La demande mondiale s'est ainsi réduite considérablement et les installations de stockage ont commencé à être saturées.

Mardi dernier, lors d’une téléconférence portant sur la «situation dramatique» du marché du brut, plusieurs pays membres de l'Opep ont réitéré leur engagement à ajuster la production de pétrole selon les termes de l'accord scellé le 12 avril, visant à réduire l'offre de 9,7 millions de barils par jour à partir du mois de mai.

Des économies très dépendantes du pétrole

Après s’être lancés dans une guerre des prix, pour remporter des parts de marchés en particulier sur les compagnies pétrolières du schiste américain, la Russie et l’Arabie saoudite étaient parvenus à s’entendre pour s’imposer des quotas draconiens afin de limiter l’effondrement des prix spectaculaire.

Ces derniers jours, le prix du pétrole brut new-yorkais avait rebondi en raison d’une réduction de la production et de la tension entre l'Iran et les États-Unis, mais les cours de l'or noir restent extrêmement mouvants et à leurs niveaux les plus bas depuis de nombreuses années, fragilisant les pays dont les ressources et budgets dépendent des cours du pétrole.

Dans ce contexte, le secrétaire américain au Trésor a indiqué ce dimanche que l'administration américaine envisageait d'accorder des prêts aux entreprises pétrolières, en grandes difficultés face à la chute des prix du brut. Quelles seront les conséquences de cette chute du brut pour les pays producteurs de pétrole et quelles mesures adoptées pour stabiliser les prix ? L’analyse de Sophie Méritet, chercheur au Centre de géopolitique de l'Énergie et des matières premières (CGEMP), maître de conférences en économie à l'université Paris-Dauphine. 

Entretien avec Sophie Méritet, chercheur au Centre de Géopolitique de l'Energie et des Matières Premières
27 avril 2020, 08:20