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Vatican News
Descente de police à Ostie près de Rome, en novembre 2017. Descente de police à Ostie près de Rome, en novembre 2017.   (AFP or licensors)

En Italie, journée de commémoration des victimes de la mafia

L’Italie commémore ce 21 mars les victimes de la mafia. À cette occasion, le président Sergio Mattarella a délivré un message, dénonçant «les nouvelles zones grises de corruption».

«Aujourd'hui, 21 mars, nous nous souvenons des femmes et des hommes qui ont payé de leur vie leur engagement constant contre les mafias, leur loyauté envers les institutions républicaines, leur liberté d'échapper au chantage criminel et au joug violent de l'oppression». Le président de la République italienne a commencé par rappeler la naissance de cette journée de mémoire, «dans la société civile, par des jeunes souhaitant construire leur avenir dans la dignité et la légalité», a-t-il mentionné.

Rien ne peut effacer les noms des victimes

La légalité et la dignité, seules valeurs qui garantissent le respect et l’égalité des droits des personnes, a rappelé le chef de l’État italien, ajoutant que le Parlement, avait ensuite à juste titre, en 2017, décider «de donner à cette journée la solennité d'un anniversaire civil». 

Un anniversaire incomplet cette année, car la lecture publique habituelle sur les places d’Italie des noms des victimes, des martyrs et serviteurs de l’État qui a lieu depuis 1996 a du être reportée à cause de l’urgence sanitaire liée à l'épidémie de Coronavirus. «Mais ces noms, tous ces noms, sont inscrits dans notre histoire et rien ne peut les effacer», a martelé Sergio Mattarella.

«Les mafias, un cancer pour la société» 

En effet, la mémoire est liée à un engagement civil: ces témoignages, ces exemples indiquent un chemin de civilisation, a-t-il poursuivi. «Les mafias changent leurs formes, leurs champs d'action, leurs stratégies criminelles. Elles se glissent dans les activités économiques et créent de nouvelles zones grises de corruption et de complicité. Elles sont un cancer pour la société et un sérieux obstacle au développement. La vigilance est nécessaire, et la sensibilisation doit devenir une culture», a assuré le gardien des institutions italiennes, dont le frère, Piersanti Mattarella, avait lui-même était assassiné par la mafia en 1980 alors qu’il présidait la région de Sicile.

En Italie, quatre organisations mafieuses défient l’État: la Cosa Nostra sicilienne, la ‘Ndrangheta calabraise – la plus puissante-, la Camorra napolitaine et la Sacra Corona Unita, née dans les Pouilles.

21 mars 2020, 11:34