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Vatican News
Un employé municipal de Téhéran désinfecte un bus Un employé municipal de Téhéran désinfecte un bus  (AFP or licensors)

Le coronavirus provoque des frictions entre l’Iran et les États-Unis

Téhéran est accusé par les États-Unis d’avoir masqué l’étendue de l’épidémie en Iran. Les autorités auraient «caché des détails précieux» selon Mike Pompeo, le secrétaire d’État américain. Au devoir de vérité exigé par Washington, le président iranien Hassan Rohani répond ce mercredi en accusant les Américains de vouloir répandre un autre virus sur l’Iran, celui de la «peur extrême»

Marie Duhamel – Cité du Vatican

Avec quatre nouveaux décès annoncés, le coronavirus a fait officiellement dix-neuf morts en Iran. Plus de cent quarante personnes sont contaminées dont le vice-ministre de la Santé, ce qui fait du pays l’un des plus touchés au monde.

Le weekend dernier, les autorités ont annulé tous les rassemblements culturels, les conférences, les matchs de football ; les universités et instituts de quatorze provinces ont été fermées au moins jusqu’à vendredi 28 février. Ces décisions ont été prises trop tard estiment des internautes anonymes, et même des élus.

Le ministre de la Santé, Said Namaki, a plaidé dès janvier pour la suspension des vols directs avec la Chine, or ils sont suspendus depuis peu seulement. Autre mécontent : le député de Qoms, Amir Abadi, qui demande depuis des jours une mise en quarantaine de la ville sainte où se retrouvent chaque jour des milliers de chiites venus de tout le Moyen-Orient. «Ils l’auraient fait, il n’y aurait pas eu besoin de fermer les frontières», affirmait lundi dernier le ministre turc de la santé.

Après le retour de pèlerins contaminés, la Turquie, l’Irak, le Koweït, Oman, les Émirats arabes unis ou l’Arménie ont suspendu leur vol avec l’Iran.

Qoms est l’épicentre de l’épidémie mais reste une ville ouverte. Le Mausolée de Masoumeh a juste été fermé, le temps de désinfecter les lieux et des photos d’agence montraient mardi des fidèles non protégés embrassant la structure entourant la tombe.

Le président Rohani estimait mardi que le pays progressait vers un contrôle de la maladie mais les Iraniens semblent ne pas y croire. On constate une pénurie de gants et de masques. L’embargo imposé par les Américains n’aide pas les autorités sanitaires et le personnel soignant.  Sur le marchés noir, le prix des masques serait actuellement 39 fois supérieur au prix réel rapporte le site Tejarat news.

 

26 février 2020, 16:01