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Le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas salue le maréchal Khalifa Haftar à Benghazi (Libye), le 16 janvier 2020, lors de négociations avant le sommet de Berlin. Le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas salue le maréchal Khalifa Haftar à Benghazi (Libye), le 16 janvier 2020, lors de négociations avant le sommet de Berlin.   (Xander Heinl/photothek.net)

L’avenir de la Libye en jeu à Berlin ce dimanche

La Libye connaîtra-t-elle un jour la paix, sept ans après la chute du dictateur Mouammar Kadhafi ? Les représentants des belligérants et d’autres pays seront réunis ce dimanche 19 janvier dans la capitale allemande pour discuter d’une résolution de la crise. Analyse des enjeux de cette rencontre internationale de paix.

Entretien réalisé par Adélaïde Patrignani – Cité du Vatican

Le chef du Gouvernement libyen d'union nationale (GNA) Fayez al-Sarraj a annoncé ce jeudi qu'il participera à cette conférence. Sa participation était jusque-là incertaine, tout comme celle de son rival, le maréchal Khalifa Haftar, l'homme fort de l'Est libyen, qui s’est finalement dit prêt à venir en Allemagne. Onze autres pays seront aussi représentés, dont la Russie, la Turquie, les États-Unis, la Chine, l'Italie et la France.

Un pays sans structure politique

La Libye, qui dispose des plus importantes réserves africaines de pétrole, est minée par les violences et les luttes de pouvoir depuis la chute et la mort en 2011 du dictateur Mouammar Kadhafi, après une révolte populaire et une intervention militaire menée par la France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis. Le pays est actuellement déchiré par un conflit entre le GNA et les forces du maréchal Haftar qui tentent de s'emparer de la capitale Tripoli depuis le mois d’avril 2019. Plus de 280 civils ont été tués depuis, ainsi que 2 000 combattants, selon l'ONU. Quelque 146 000 Libyens ont quant à eux dû fuir les combats.

Un pays éclaté et instrumentalisé

Le 13 janvier dernier, le GNA a paraphé un accord de cessez-le-feu à Moscou à l'initiative de la Russie et la Turquie. Le maréchal Haftar a de son côté quitté la Russie sans signer la trêve. Le chemin vers la paix s’annonce difficile, d’autant plus que de multiples ingérences étrangères s’exercent encore sur le sol libyen. Ces pays «n’ont pas la même vision de ce que doit devenir la Libye», explique Luis Martinez, directeur de recherche au CERI à Sciences Po. Le pays est «devenu l’enjeu d’intérêts contradictoires», souligne-t-il. Par ailleurs, des «coalitions très différentes» s’affrontent sur le terrain, ce qui ajoute à la difficulté de trouver un compromis. Le chercheur revient également sur le rôle de la France, la place de la population civile dans cette crise, les issues possibles du sommet.

Mais Luis Martinez nous explique d’abord quels sont les principaux objectifs de cette conférence de Berlin.

Analyse de Luis Martinez

(Avec AFP) 

17 janvier 2020, 09:28