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A l'annonce du nouveau gouvernement, des manifestations se sont répandues dans tout le pays, A l'annonce du nouveau gouvernement, des manifestations se sont répandues dans tout le pays,  (AFP or licensors)

Après 3 mois d’attente, le Liban se dote d’un nouveau gouvernement

Il aura fallu trois mois après la démission de Saad Hariri pour que le Liban se dote d’un nouveau gouvernement. La tâche qui attend les 20 nouveaux ministres est titanesque : relancer l’économie, en chute libre, et convaincre les manifestants hostiles à la classe politique.

Marine Henriot, avec agences - Cité du Vatican 

Pour espérer apaiser la colère des manifestants, Hassan Diab a mis en avant des profils de technocrates, d’académiciens, qui ne sont pas issus du sérail politique, certains nouveaux ministres sont inconnus du grand public. La nouvelle équipe comprend un nombre record de femmes : six, dont pour la première fois la ministre de la Défense. Le ministre des Affaires étrangères Gebran Bassil, honni des manifestants, a été remplacé.

20 ministres, dix musulmans et dix chrétiens: la parité confessionnelle est respectée. La majorité des ministres est proche du Hezbollah et de ses alliés, qui sont majoritaires au parlement. Cela devrait faciliter la mise en place de réformes économiques, indispensables au Liban : aujourd’hui un tiers de la population vit sous le seuil de pauvreté, et cela pourrait bientôt être la moitié selon la banque mondiale. La livre libanaise chute face au dollar, le pays croule sous une dette avoisinant les 90 milliards de dollars (81 milliards d'euros), soit plus de 150 % de son Produit Intérieur Brut. Il faudra des réformes structurelles, attendues notamment pour débloquer des milliards de dollars d'aide promis par la communauté internationale.

Nouvelle nuit de manifestations 

Mardi soir à l’annonce du gouvernement, la rue s'est enflammée, notamment dans les villes en majorité sunnites de Tripoli et Saïda, certains sunnites, dont était issu Saad Hariri, estiment ne pas être assez représentés dans le nouveau gouvernement.

À Beyrouth des centaines de manifestants se sont rassemblés vers le Parlement, ils ont tenté d'arracher les barbelés et ont lancé des pierres sur les forces, qui ont répliqué avec des gaz lacrymogènes et activé un canon à eau.

Les contestataires fustigent des autorités incapables de fournir des services publics de base, alors que 30 ans après la fin de la guerre civile (1975-90), les Libanais vivent au quotidien avec des coupures d'électricité, un réseau médiocre d'eau courante et une gestion calamiteuse des déchets. La tension est montée d’un cran au Liban depuis quelques jours, 545 personnes ont été blessées dans des manifestations à Beyrouth ce week-end.

Le nouveau gouvernement semble vouloir ne plus perdre de temps : le premier Conseil des ministres aura lieu dans la journée de mercredi.

22 janvier 2020, 09:48