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Antonio Costa, Premier ministre sortant du Portugal Antonio Costa, Premier ministre sortant du Portugal   (AFP or licensors)

Le Parti socialiste favori des élections au Portugal

Les électeurs portugais sont appelés ce dimanche à renouveler leurs 230 députés. Le Premier ministre socialiste Antonio Costa fait figure de favori, et peut se targuer d’avoir sorti son pays de l’austérité, relancé l’économie, et ce tout en respectant les règles budgétaires européennes.

Entretien réalisé par Marine Henriot - Cité du Vatican

Au Portugal, les élections législatives se tiennent dimanche 6 octobre et le Parti socialiste, qui fait figure d’exception dans une Union Européenne qui penche vers les populismes, semble avoir tous les voyants au vert pour se maintenir au pouvoir. L’homme à tête du Portugal et du Parti socialiste, c’est Antonio Costa. Ancien maire de Lisbonne, ancien ministre de l’Intérieur du secrétaire général des Nations Unies Antonio Guterres, cet avocat de 58 ans est l’un rares dirigeants sociaux-démocrates européens à avoir le vent en poupe. 

Arrivé au pouvoir en 2015, il avait promis avec ses alliés de gauche radicale de «tourner la page de l'austérité» dans un pays où le chômage a atteint un pic de plus de 17 % en 2013. Une promesse tenue: profitant de l'embellie économique pour détricoter les mesures d'austérité mises en œuvre par la droite en échange du plan de sauvetage accordé en 2011, Antonio Costa a dans le même temps continué à assainir les comptes publics pour rentrer dans les clous des règles budgétaires européennes.

Stabilité politique et bonne santé économique 

«Toutes les prévisions vont dans le sens d’une large victoire d’Antonio Costa et du Parti socialiste», explique Yves Leonard, docteur en histoire et diplômé de Sciences Po, spécialiste de l'histoire contemporaine du Portugal. «Les questions qui se posent sont liées à l’étendue de cette victoire», c’est-à-dire si le gouvernement aura les coudées franches après ces législatives. Un rêve de majorité absolue qui pourrait cependant être compromis, selon les derniers sondages, la victoire d’Antonio Costa pourrait s’avérer trop courte pour s’affranchir de ses partenaires. 

«Évidemment, Antonio Costa peut se prévaloir du bilan des quatre années écoulées pour demander aux électeurs portugais de conforter leur choix», détaille Yves Léonard. Un bilan réalisé dans une alliance inédite en 40 ans de démocratie: un pacte avec la gauche anti-libérale, qui a su tenir le cap des réformes et tourner la page de l’austérité, tout en restant dans les clous de l'Union européenne. 

Aujourd’hui le Portugal peut se vanter d’une belle santé économique, la croissance s'est établie à 3,5% en 2017 et 2,4% en 2018, ses plus hauts niveaux depuis l'année 2000, tandis que le chômage s'est réduit de moitié pour revenir à son niveau d'avant crise (6,4% en juillet).

Entretien avec Yves Léonard, spécialiste de l'histoire contemporaine du Portugal
05 octobre 2019, 10:49