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Le président du Conseil italien, Giuseppe Conte Le président du Conseil italien, Giuseppe Conte  (ANSA)

En Italie, un été de fortes turbulences politiques

En quelques semaines, lors d’une crise inédite, le pays a changé de coalition au pouvoir, exacerbant les tensions entre les différentes forces politiques. Le deuxième gouvernement de Giuseppe Conte commence son mandat dans un climat plus apaisé mais les incertitudes demeurent nombreuses.

Entretien réalisé par Olivier Bonnel-Cité du Vatican

L’Italie a vécu un été pour le moins agité avec une crise politique sans précédent. Début août, alors numéro deux du gouvernement, le leader de la Ligue Matteo Salvini décide de faire tomber sa propre équipe au pouvoir en déposant une motion de défiance contre le chef de l’exécutif, Giuseppe Conte.

La raison ? Ses différends devenus quotidiens avec son allié de gouvernement le parti populiste du Mouvement 5 Etoiles (M5S). C’est notamment le refus, de la part du M5S de voter pour la ligne de TGV Lyon-Turin qui a accéléré les choses.

Pari perdu pour Salvini

Le chef de la Ligue, qui tablait sur des élections anticipées qu’il était sûr de remporter, a  tenté un pari politique qui s’est révélé perdant. Le Mouvement 5 Etoiles a en effet réussi à s’allier avec le centre gauche incarné par le Parti Démocrate (PD). Les deux formations se partagent désormais le pouvoir au sein d’un gouvernement Conte II, qui a prêté serment le 5 septembre dernier.

Matteo Salvini, toujours très populaire dans la péninsule est désormais le premier opposant à cette nouvelle coalition et ne cesse de dénoncer les «élites» qui confisquent le pouvoir au peuple italien. Il a d’ailleurs appelé à une grande manifestation nationale qui se tiendra le 19 octobre à Rome.

Les ambitions de Matteo Renzi

De son côté, cette crise politique a fait revenir sur le devant de la scène une autre figure de premier plan : Matteo Renzi. L’ancien président du Conseil désavoué par les élections législatives au printemps 2018 a été omniprésent dans les médias italiens et étrangers cet été, invitant à faire barrage à Matteo Salvini, coupable selon lui de répandre la haine contre les étrangers et d’affaiblir économiquement le pays.

Matteo Renzi a décidé en début de semaine de claquer la porte du PD pour créer sa formation, «Viva Italia». Même s’il a apporté son soutien au gouvernement Conte II, le sénateur florentin peut se vanter du soutien d’une quarantaine de parlementaires.

Jacques de Saint Victor, est écrivain et chroniqueur, professeur d’histoire du droit à l’université Paris XIII. (Dernier ouvrage paru, Casa Bianca, éditions des Equateurs). Observateur attentif de la vie politique italienne, il décrypte ces convulsions récentes du système politique dans la péninsule.

L'analyse de Jacques de Saint Victor

 

 

20 septembre 2019, 07:53