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Le camp de Tajoura après le bombardement de mardi Le camp de Tajoura après le bombardement de mardi  (ANSA)

L’enfer dans les camps de migrants en Libye

Le bombardement du centre de détention de Tajoura en Libye met en lumière le sort des migrants retenus dans ce pays en guerre. Victimes de trafiquants d’êtres humains, ils sont des milliers à vivre dans des camps non-officiels dans des conditions inhumaines.

Xavier Sartre – Cité du Vatican

44 morts, quelque 130 blessés : c’est le dernier bilan officiel du bombardement de mardi soir sur le centre de détention de Tajoura, situé dans la banlieue sud de Tripoli, la capitale libyenne. Les deux principaux protagonistes de la guerre civile, le gouvernement d’union nationale du Premier ministre Fayez al-Sarraj et le maréchal Khalifa Haftar se rejettent la responsabilité de ce carnage.

300 migrants étaient encore présents jeudi sur le site bombardé selon l’Organisation internationale pour les migrations qui demande «la fin de la détention arbitraire et rappelle à toutes les parties que les civils ne sont pas une cible».

Le fait d’évoquer un bilan humain pour un tel acte de guerre est néanmoins inédit. C’est la première fois «officiellement», souligne Cécile Allegra, fondatrice de l’association Limbo, qui soutient les survivants de ces camps, «que l’on arrive à compter des migrants détenus dans des centres de rétention qui n’ont rien d’officiel et que l’on arrive mal à localiser».

Torture et rançon

À l’intérieur de ces camps disséminés à travers tout la Libye et tout au long des routes migratoires partant de la Corne d’Afrique, «ces gens sont détenus et sont torturés contre rançon» explique Cécile Allegra. «Les femmes sont mises dans des réseaux de prostitution. Il y a aussi des réseaux de travail forcé», poursuit-elle. Avant que la route vers l'Europe ne soit fermée, près d'un million de personnes attendaient pour passer sur l'autre rive de la Méditerranée. Que sont-elles devenues, s'interroge-t-elle alors que ces migrants semblent s'être évanouis et avoir disparu des statistiques officielles.

Le drame de Tajoura ne doit pas occulter ceux passés sous silence la plupart du temps. La semaine dernière, selon la présidente de Limbo, «20 personnes sont mortes de soif et de faim dans un centre dans l’ouest de la Libye». «On a retrouvé leurs corps au milieu d’ordures et d’excréments».

«Les traumatismes que subissent ces migrants sont de l’ordre du système concentrationnaire, et ont des conséquences physiques et psychiques catastrophiques» détaille-t-elle. «Les gens qui arrivent en Europe sont marqués à vie». C’est pour leur venir en aide que la jeune femme a créé l’association Limbo

04 juillet 2019, 19:08