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Vatican News
Un enfant de migrants africains, dans un centre de détention à Zawiya, à l'ouest de Tripoli, le 27 avril 2019. Un enfant de migrants africains, dans un centre de détention à Zawiya, à l'ouest de Tripoli, le 27 avril 2019.   (AFP or licensors)

MSF dénonce les conditions de détention des migrants en Libye

Malnutrition, maladies, viols… Médecins sans frontières (MSF) dénonce les conditions de détention dans lesquelles sont retenus les migrants et réfugiés en Libye. Une situation empirée par les violences qui ont repris dans le pays entre les forces du Maréchal Haftar et celles du Gouvernement d’union nationale.

Marine Henriot - Cité du Vatican

«La Libye n’est pas un lieu sûr», martèlent les responsables de Médecins Sans Frontières (MSF) de retour du pays, alors que les violences à Tripoli entrent ce 4 juin dans leur troisième mois. Des violences qui renforcent l’enfer dans lequel vivaient déjà les migrants retenus en Libye. «Les migrants et les réfugiés sont parmi les plus touchés par le conflit», explique Sam Turner, chef de mission MSF en Libye, dénonçant les détentions arbitraires. «C’est impossible pour les migrants ou les réfugiés détenus de partir ou d’avoir un procès», ajoute-t-il.

MSF parle de 5 800 réfugiés détenus dans les camps de détention libyens. Certains camps sont proches des combats opposant les troupes du maréchal Haftar, l'homme fort de l'Est du pays, aux forces du Gouvernement d'union nationale (GNA) dirigé par Fayez al-Sarraj et siégeant à Tripoli. «Le nombre de personnes qui sont dans des centres de détention est inacceptable en termes de souffrance. Mais c'est un petit chiffre sur lequel on pourrait imaginer des solutions. C'est faisable», a expliqué Julien Raickman, également chef de mission en Libye.

Depuis la fermeture des ports italiens, les départs de migrants de Libye vers l’Europe ont certes diminué, mais l'Union européenne doit tenir ses engagements d’accueil et fournir les places promises. «Toute évacuation est inutile si elle n’est pas accompagnée d’une politique d’accueil», répète MSF, dénonçant ces dernières semaines les envois de personnes par avion via des couloirs humanitaires dans des pays d'Europe, tout en aidant les garde-côtes libyens à ramener vers les centres de détention libyens les personnes récupérées en mer. Ainsi, 400 migrants ont été évacués ces dernières semaines par MSF, tandis que dans le même temps, 1200 ont été renvoyés en Libye par les gardes-côtes.

Les «bateaux commerciaux ne prennent plus» les migrants

Les migrants sont retenus dans des prisons «qui ne sont pas faites pour recevoir la population», témoigne Julien Raickman. Au contact des prisonniers il y a quelques jours encore, il dénonce les conditions de survie des migrants et réfugiés, détenus de façon arbitraire, frappés par la malnutrition et les maladies comme la tuberculose. Dans ces geôles également: des mineurs non accompagnés, des enfants, et des femmes, à la merci de gardiens masculins. Les détenus sont cantonnés dans des cellules parfois murées entièrement par des briques, ayant moins d’un mètre carré par personne. Des conditions augmentant les dangers pour la santé mentale: «un accompagnement psychologique est nécessaire», précise MSF.

Les conditions de détention en Libye
04 juin 2019, 19:07