Cerca

Vatican News
Ghassan Salamé, envoyé spécial de l'ONU pour la Libye. Ghassan Salamé, envoyé spécial de l'ONU pour la Libye.   (AFP or licensors)

La Libye au bord de la guerre civile

Une guerre qui pourrait être «longue et sanglante». C’est le funeste avertissement lancé hier par Ghassan Salamé, l’émissaire de l’ONU pour la Libye.

Sur le terrain, les troupes du maréchal Khalifa Haftar, chef de l’autoproclamée Armée nationale libyenne, s’opposent aux forces du Gouvernement d’Union Nationale. Les combats se concentrent autour de Tripoli, mais la conquête de la capitale libyenne, s’apparente à un bourbier.

Il y a six semaines, le maréchal Haftar lançait son offensive intitulée «Torrent de dignité». Objectif: purger Tripoli «des terroristes et des mercenaires». Aujourd’hui, le bilan est très lourd: 510 morts, près de 2 500 blessés et 75 000 déplacés, selon l’ONU. 

Les combats sont loin d’être terminés, des tirs d’artillerie lourde ont été entendus ces derniers jours depuis la capitale; les forces pro-Haftar semble gagner du terrain à Tripoli. Une multitude de groupes militaires de l’ouest du pays – dont des groupes radicaux – se sont remobilisés, et même renforcés, face à un ennemi commun, l’Armée Nationale Libyenne, impliquée en Cyrénaïque, à l’Est.

La fracture est/ouest est donc de plus en plus marquée, entre chefs militaires mais également entre communautés, d’où ce spectre de la guerre civile agité par l’ONU.

L’ONU, dont les deux années d’actions diplomatiques menées dans le pays sont littéralement saccagées, d’autant plus que les appels de la communauté internationale à un cessez-le-feu ont été ignorés.

Depuis l’étranger, les livraisons d’armes au deux camps continuent - malgré l’embargo décrété par l’ONU en 2011. Les Nations-Unies déplorent ce trafic d’armes, selon Ghassan Salamé, il faut «y mettre un terme», ou bien, l’embargo sur les armes, explique-t-il, «va devenir une farce cynique».

22 mai 2019, 17:07