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Vatican News
Des enfants dans une classe du Burkina Faso. Des enfants dans une classe du Burkina Faso.  (AFP or licensors)

Sahel: 400 000 enfants ne vont pas à l’école

Les violences qui se perpétuent au Sahel ont obligé 2000 écoles à fermer au cours de l’année 2018, alerte l’UNICEF dans un communiqué du 27 février.

Au Burkina Faso, au Mali et au Niger la situation en terme d’accès à l’éducation est alarmante : actuellement 400 000 enfants ne peuvent pas aller à l’école. L’UNICEF tient un discours inquiétant dans son communiqué. En raison de l’insécurité persistante et croissante, 2000 écoles ont fermé dans ces trois pays, soit deux fois plus qu’en 2017. Les menaces contre le personnel éducatif, les attaques contre les installations scolaires et l’utilisations d’écoles à des fins militaires sont les principales causes expliquant les fermetures. Plus de 10 000 enseignants ne peuvent pas travailler.

Ne pas accéder à l’éducation constitue une «grave violation des droits de l’enfant» rappelle Henrietta Fore, la directrice exécutive de l’UNICEF. Cela signifie aussi une plus forte probabilité que les enfants soient victimes des exploitations les plus cruelles : «ils ne sont pas seulement incapables d’acquérir les compétences nécessaires pour bâtir des communautés prospères et en paix, ils deviennent également vulnérables aux formes d'exploitation horribles, notamment les abus sexuels et le recrutement forcé dans des groupes armés» souligne-t-elle. Selon les ONG locales, la région est particulièrement instable à causes des violences meurtrières commises par les groupes jihadistes. Le sud du Nigéria est visé notamment par le groupe Boko Haram.

Trouver des solutions alternatives

Pour répondre à ce grave problème l’UNESCO a mis en place des projets d’apprentissage alternatif utilisant notamment la radio. Elaboré en collaboration avec les autorités éducatives locales et les communautés, la radio diffuse des cours d’alphabétisation et de calcul, le but étant que les enfants puissent continuer d’apprendre où qu’ils soient.

Cette semaine, l’UNESCO a lancé une nouvelle stratégie en développant des programmes afin d’aider les enfants à rattraper leur retard. Le programme vise aussi à intégrer les enfants déplacés dans les écoles ouvertes, à renforcer la sécurité scolaire et à reconstruire les écoles endommagées ou détruites.

Afin de sauvegarder l’éducation, l’ONG travaille avec des partenaires sur le terrain. Elle fournit des outils aux enseignants qui travaillent dans les zones de grandes insécurité, ainsi qu'un soutien psychosocial et des soins pour les écoliers qui portent les cicatrices émotionnelles de la violence.

«À une époque où le Sahel est confronté à des menaces croissantes de violence, nous ne devons pas oublier que l’éducation est un droit des enfants et une force puissante pour la paix», a déclaré Henrietta Fore.

01 mars 2019, 11:21