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Vatican News
Une poignée de mains à la frontière entre les États-Unis et le Mexique, lors d'une manifestation organisée à Ciudad Juarez par les épiscopats des États-Unis et du Mexique, le 26 février 2019. Une poignée de mains à la frontière entre les États-Unis et le Mexique, lors d'une manifestation organisée à Ciudad Juarez par les épiscopats des États-Unis et du Mexique, le 26 février 2019.  (AFP or licensors)

L’Église au Mexique soutient la caravane des migrants

Ils sont des milliers de Centraméricains à s’être mis en route dans l’espoir de rejoindre les Etats-Unis. Ils sont aujourd’hui au Mexique. Sur place, le Père Montelongo se dit impressionné par leur foi.

Les premiers sont partis en octobre 2018. Quittant le Honduras pour fuir la violence et la pauvreté, les migrants ont formé une caravane dans le but de se rendre au Mexique. Le 21 octobre, ils étaient rejoints par des milliers de personnes venant du Guatemala. Trois caravanes du Salvador se sont ensuite formées alors que le 14 janvier des milliers d’Honduriens quittaient San Pedro Suler. Arrivés au Mexique, l’Église les accueille.

«L’Eglise au Mexique est fortement impliquée et suit avec appréhension les évolutions de la caravane des migrants de son lieu d’origine à sa destination, faisant preuve de solidarité et d’accueil sur tout le territoire national, de Tapachula à Tijuana» indique à l’Agence Fides le Père Arturo Montelongo, Secrétaire de la Commission pour la mobilité de la Conférence épiscopale du Mexique. Il s’inquiète néanmoins de l’absence de leader, déplorant qu’il n’y ait pas de «chefs responsables qui les conduisent en sécurité et sans tromperies, qui leur parlent sincèrement et ne les abandonnent pas à la dérive. Nombre d’entre eux ne savent pas même où ils vont.»

L’enthousiasme malgré les épreuves

Touché par leur foi, le Père Montelongo ne cache pas être surpris par la ferveur de ces migrants : «Ils portent avec eux l’enthousiasme pour une vie meilleure. Ils sont conscients des grandes difficultés qui les attendent et, bien qu’étant de différentes dénominations chrétiennes, ils savent que, sans l’aide de Dieu, il serait encore plus difficile d’aller de l’avant». Ils connaissent pourtant des difficultés : «Des enfants, des familles entières, des jeunes qui pendaient avoir un grand avenir dans leurs pays d’origine se sont retrouvés à affronter une réalité bien différente».

Face à cette crise humanitaire, le secrétaire se réjouit de l’accueil et des initiatives entreprises en faveur des migrants. «De nombreuses synergies se sont créées avec divers gouvernements : au niveau de l’Etat et des communes, ainsi que des ouvertures au niveau fédéral» observe ce dernier.

Insistant sur la nécessité d’établir des «politiques publiques attentives aux droits fondamentaux de nos propres compatriotes», il rappelle le message du Pape : «le Pape François nous exhorte à accueillir, protéger, promouvoir et intégrer pour pouvoir transformer la société mondiale et définir une fois pour toutes le fait que la migration est un droit et que les migrants ne constituent pas un danger mais une chance de développement».

Solidarité entre les évêques des États-Unis et du Mexique

Comment l’Église mexicaine vient-elle en aide à ces migrants ? «L’Église aux Etats-Unis œuvre elle aussi pour soutenir la cause des migrants, répond le père Montelongo. Mgr Mark Saitz, Evêque d’El Paso, a mis à disposition les structures du Petit Séminaire pour ouvrir un refuge dans lequel les migrants en attente de résolution peuvent trouver de la nourriture, un logement et des soins médicaux».

La Père Nontelongo conclut ainsi : «Les évêques des Etats-Unis continuent à manifester contre la politique de l’immigration caractérisée par la séparation des familles, la détention des migrants, l’imposition d’un système électronique qui les identifie comme délinquants et surtout contre la construction d’un mur qui séparera non seulement les familles mais aussi les villes qui, historiquement, ont la même origine culturelle».

(avec Fides)

05 mars 2019, 19:53