Cerca

Vatican News
Des portraits de l’ayatollah Khomeiny dans la ville de Qom, centre spirituel du chiisme. Des portraits de l’ayatollah Khomeiny dans la ville de Qom, centre spirituel du chiisme.   (AFP or licensors)

40 ans après, quel avenir pour la Révolution islamique en Iran?

40 ans après la Révolution islamique, qui bouleversa l'histoire du pays et du Moyen-Orient, le régime iranien doit se repenser pour se maintenir au pouvoir, entre pressions américaines et mécontentement populaire.

Entretien réalisé par Xavier Sartre – Cité du Vatican

La scène est entrée dans l’histoire : le 1er février 1979, l’ayatollah Khomeiny, en exil depuis quinze ans, atterrit à Téhéran, à bord d’un avion d’Air France, en provenance de Paris. Le shah Mohammad Reza Pahlavi a déjà quitté le pays, espérant encore que la contestation populaire s’apaisera et qu’il pourra revenir dans sa capitale. Mais les voyages des deux hommes sont sans billets de retour.

Quelques semaines plus tard, le 1er avril, la République islamique est proclamée. Pourtant, précise Bernard Hourcade, directeur de recherche au CNRS, et spécialiste de l’Iran, le mouvement qui porta l’aytollah Khomeiny est une combinaison de plusieurs tendances : libéraux, communistes, clercs chiites.

Mais très vite, c’est bien le clergé chiite, influent et force structurante du pays, qui prend le pas et impose sa vision de la Révolution dont les mots d’ordre étaient «République, liberté, indépendance et islam», rappelle Bernard Hourcarde. Le clergé impose sa vision de la société, réprime toute opposition et s’engage dans une politique expansionniste. Mais quarante ans plus tard, le bilan est en demi-teinte.

Isolement diplomatique

La gestion de tous les aspects de la vie, en passant par la politique et l’économie, par la religion ne s’est pas révélé concluant. Le pays ne s’est pas modernisé comme il aurait pu, il reste isolé sur la scène diplomatique, les critiques internes sont plus vives que jamais, estime le chercheur du CNRS. Le clergé en a bien conscience et tente de s’adapter comme le prouve la signature du traité sur le programme nucléaire du pays en 2015. 

Si les Iraniens ont bien conscience des limites et des défauts du système actuel, ils sont également au fait de ce qu’il se passe autour d’eux. Et cela ne les incite pas à sauter dans l’inconnu et à renverser le régime, faute d’alternative au clergé chiite. Bernard Hourcade revient sur ce qui reste de cette expérience unique. 

Entretien avec Bernard Hourcade, spécialiste de l'Iran
06 février 2019, 08:31