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Le nouveau président salvadorien Nayib Bukele. Le nouveau président salvadorien Nayib Bukele.  (ANSA)

Nayib Bukele remporte l’élection présidentielle salvadorienne

L’ancien maire de la capitale San Salvador, Nayib Bukele, a remporté l’élection présidentielle dès le premier tour en obtenant 53,73% des suffrages.

Cyprien Viet - Cité du Vatican

Il n’y aura pas de second tour le 10 mars : Nayib Bukele a largement remporté l’élection présidentielle salvadorienne dès le premier tout, mettant fin au bipartisme qui structurait la vie politique de ce pays d’Amérique centrale depuis une trentaine d’années. Cet ancien publicitaire de 37 ans, issu d’une famille d’immigrés palestiniens, a mené une campagne efficace sur les réseaux sociaux, en affirmant notamment vouloir lutter contre la corruption qui gangrène la classe dirigeante. Malgré son allure juvénile, il n’est en réalité pas un novice en politique : il a en effet été maire de la capitale de 2015 à 2018, après avoir déjà été maire d’une commune de banlieue durant trois ans également.

Le candidat du parti de droite Arena, Carlos Valleja, est arrivé deuxième avec environ un tiers des votes, et celui du parti de gauche FMLN, Hugo Martinez, a subi une véritable humiliation en ne récoltant que 13% des suffrages. Son parti a subi l’usure de dix ans au pouvoir, avec le président sortant Salvador Sanchez Ceren, qui n’est pas parvenu à résorber l’insécurité qui afflige ce pays. En dehors des situations de guerre, El Salvador détient en effet le triste record mondial du taux d’homicide en proportion du nombre d’habitants, avec entre 50 et 70 meurtres pour 100 000 habitants durant chaque année de la décennie écoulée. À titre de comparaison, ce taux oscille en France entre 1,6 et 1,8.

L’espoir d’un véritable changement

Le pays est également affaibli par l’émigration de nombreux jeunes et de nombreuses familles. Un quart de la population vit aux États-Unis, et les Salvadoriens représentent une part importante de la “caravane des migrants” qui est au cœur de l’actualité en Amérique centrale et dont Donald Trump tire argument pour défendre son projet de mur à la frontière des États-Unis et du Mexique. L’ambassadeur des États-Unis à San Salvador, Jean Manes, a félicité le nouveau président en indiquant que «les États-Unis sont engagés à soutenir El Salvador dans son effort pour construire un pays plus prospère et plus sûr».

Cette élection de Nayib Bukele incarne donc l’espoir d’une alternance réelle et d’une nouvelle façon de faire de la politique. Ses deux principaux adversaires ont reconnu leur défaite et ont adressé leurs félicitations au nouveau chef de l’État, qui devient l’un des plus jeunes chefs d’État du monde.

L’alerte des évêques sur la frustration du peuple

À deux semaines de l’élection présidentielle, la conférence épiscopale d’El Salvador était intervenue dans le débat avec une note signée par tous les évêques du pays, dans laquelle il était indiqué que cette élection se déroulait dans un contexte délicat, dû surtout «à la frustration qu’expérimente une grande partie du peuple, qui se sent piégé par les partis politiques, et pour la corruption de certains des principaux dirigeants. Une frustration qui devient insupportable dans les zones où œuvre la violence homicide.»

La conférence épiscopale avait appelé le peuple salvadorien à ses responsabilités de promotion du bien commun, aussi à travers le vote à exercer «en pleine conscience», en accord «avec nos valeurs, en choisissant de s’engager sérieusement à donner une solution aux graves problèmes économiques, sociaux et politiques de nos pays».

04 février 2019, 13:05