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Le président du Venezuela, Nicolas Maduro Le président du Venezuela, Nicolas Maduro  (ANSA)

Venezuela: Nicolas Maduro demande l'aide du Pape François

Contesté dans son propre pays et par une partie de la communauté internationale, Nicolas Maduro a demandé au Pape François son aide et sa médiation. Le président du Venezuela a envoyé une lettre comme il l’a confirmé dans un entretien à la chaine de télévision italienne Sky 24.

Xavier Sartre – Cité du Vatican

«Je lui ai dit que je suis au service de la cause du Christ (…) et dans cet esprit je lui demande son aide, dans un processus de facilitation et de renforcement du dialogue» : c’est ce qu’a affirmé le président vénézuélien ce lundi dans un entretien télévisé enregistré à Caracas par la chaine de télévision italienne Sky 24, évoquant la lettre qu’il a envoyée au Pape François alors qu’il fait face à la pire crise politique depuis son arrivée au pouvoir en 2013. Le directeur ad interim de la salle de presse du Saint-Siège, Alessandro Gisotti, a confirmé depuis les Émirats arabes unis où il suit le voyage du Pape, l’envoi de cette lettre.

«Les gouvernements du Mexique et de l’Uruguay, tous les gouvernements des Caraïbes au sein du Caricom et celui de Bolivie ont demandé une conférence pour le dialogue pour le 7 février» a-t-il expliqué. «Je demande au Pape de faire ses plus grands efforts, d’y mettre sa volonté, pour nous aider sur la voie du dialogue. J’espère recevoir une réponse positive» a-t-il encore ajouté.

Appel des autorités catholiques du Venezuela

La Conférence épiscopale du Venezuela, la Conférence des religieux et religieuses du Venezuela et le Conseil national des laïcs, ont, eux, publié un communiqué commun ce lundi sur la situation que traverse le pays. Ces représentants de l’Église reviennent sur les derniers événements qui ont amené à «la recherche d’un changement politique au travers d’un processus de transition pacifique et transparent qui mène à des élections libres et légitimes».

Ils appellent de leurs vœux cette «transition» en insistant sur le fait qu’il faut la mener «de manière pacifique et avec les instruments présents dans la Constitution nationale».

Ce n’est pas première fois que les évêques s’expriment sur la crise actuelle. Une nouvelle fois, ils appellent au respect des droits des citoyens, jugeant «moralement inacceptable la répression croissante pour des raisons politiques, la violation des droits de l’Homme et les détentions arbitraires et sélectives».

Engagement renouvelé de l’Église

Évêques, religieux et laïcs demandent également que les autorisations, de la part du gouvernement et de l’administration, soient accordées pour que la Caritas Venezuela et toutes les institutions de l’Église engagées dans le champ humanitaire, puissent disposer de l’aide humanitaire internationale afin de soulager ceux qui ont le plus besoin d’assistance.

Dans un souci d’apaisement, et «dans ce moment crucial de l’histoire de la patrie», ils invitent tout le peuple à «donner le meilleur de lui-même» afin d’éviter un bain de sang. Ils reconnaissent également que lors des marches et manifestations des 23 janvier et 2 février, les Vénézuéliens ont donné un «témoignage de la force et de la persévérance d’un peuple qui, quand cela est exigé, répond positivement au désir d’un meilleur futur, où l’on ne risque pas sa vie en permanence mais où il y a des opportunités pour le développement humain intégral et la réactivation des valeurs de paix, de réconciliation et de rencontre».

Les évêques, supérieurs et laïcs appellent les Vénézuéliens à participer à la messe le 10 février prochain, journée mondiale des malades, pour prier Dieu de leur accorder «la paix, la réconciliation, la liberté et la santé spirituelle et corporelle» et pour trouver «les gestes de fraternité et de solidarité dans les différentes communautés».

 

04 février 2019, 18:17