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Le président Emmanuel Macron en visite au centre culturel Jean-Marie Tjibaou de Nouméa, le 5 mai 2018. Le président Emmanuel Macron en visite au centre culturel Jean-Marie Tjibaou de Nouméa, le 5 mai 2018.  (AFP or licensors)

La Nouvelle-Calédonie face au choix de l'indépendance

Les électeurs de Nouvelle-Calédonie sont appelés aux urnes ce dimanche afin de voter pour ou contre l'indépendance. Le maintien du statut de collectivité française d'outre-mer semble largement favori dans les sondages.

Marine Henriot - Cité du Vatican

Française depuis 1853, la Nouvelle-Calédonie pourrait voir son destin basculer dimanche 4 novembre. Près de 175 000 électeurs sont appelés à se prononcer lors d’un référendum, «Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante?».

Un référendum historique, qui divise ce territoire français du Pacifique-Sud. Le FLNKS (Union calédonienne et Union nationale pour l’indépendance) milite pour le oui tandis que la droite modérée des partis loyalistes Calédonie ensemble, le rassemblement LR et les Républicains calédoniens appellent au "non".

Un archipel traversé de tension

Les derniers sondages indiquent que le non l’emporterait, avec 60 à 69% des voix. Ce référendum s’inscrit dans le processus progressif de décolonisation prévu par l’accord de Nouméa en 1998, dix ans après après les accords de Matignon qui ont mis fin à plusieurs années de conflit. En mai 1988, l’assaut de la grotte d’Ouvéa faisant 25 morts.

Aujourd’hui, les tensions sont encores présentes entre la communauté kanak et les descendant de colons, les caldoches. En cas de victoire de victoire du "oui", le sort de la Nouvelle-Calédonie n’est pas scellé pour autant. Si le congrès de Nouvelle-Calédonie le décide, un nouveau référendum peut être organisé en 2020 et potentiellement un autre en 2022 explique Sarah Mohamed-Gaillard, maître de conférences en histoire contemporaine à l’Inalco, sur la politique de la France dans le Pacifique. Ce vote est en fait «l’amorce d’un processus de sortie de l’accord de Nouméa, ce n’est pas la date butoir», explique la spécialiste.

Et en cas de "oui" ?

Si le "oui" l’emporte, il faudrait alors débuter un processus de transfert des compétences régaliennes, qui pour l’instant dépendent de la métropole. Pour autant, la victoire du "oui" ne se résumerait pas à la rupture des liens entre la France et la Nouvelle-Calédonie. «La majorité des indépendantistes ne souhaitent pas une rupture nette avec la France en cas d’indépendance», explique Sarah Mohamed-Gaillard, «ce qu’ils veulent, c’est être en capacité de négocier sur un pied d’égalité».

Par ailleurs, si le débat est alimenté par les Kanak et les descendants de colons, qui composent respectivement 39% et 27%, il ne faut pas négliger les Wallisiens et Futuniens, mais aussi les Tahitiens, Indonésiens et Vietnamiens qui peuplent l’archipel et sont eux aussi divisés sur la question.

Quels sont les enjeux de ce référendum, mais aussi comment réussir à former une identité calédonienne ? Les réponses de Sarah Mohamed-Gaillard, spécialiste de la politique française dans le Pacifique à l’Inalco:

Entretien avec Sarah Mohamed-Gaillard
02 novembre 2018, 17:48