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Dans un bureau de vote d'Antananarivo, le 7 novembre 2018 Dans un bureau de vote d'Antananarivo, le 7 novembre 2018   (AFP or licensors)

À Madagascar, des élections présidentielles sans grand espoir

Près de dix millions de malgaches sont attendus dans les 25 000 bureaux de vote du pays ce mercredi 7 novembre, pour le premier tour des élections présidentielles. Le processus électoral sera surveillé de près, par plus de 6000 observateurs indépendants, ainsi que des personnes déléguées par l’Union européenne et la Communauté de développement de l’Afrique australe. Mais ce déploiement ne doit pas donner d’illusion particulière. La stabilisation politique du pays semble encore lointaine.

Entretien réalisé par Adélaïde Patrignani – Cité du Vatican

Hery Rajaonarimampianina, le président sortant et candidat à sa propre succession, Marc Ravalomanana, président de 2002 à 2009, et Andry Rajoelina, qui lui avait succédé de 2009 à 2014 pour une période de transition : voici les trois principaux candidats sur les trente-six retenus pour cette élection présidentielle. Pas de grand changement politique à l’horizon donc, surtout si l’on se penche d’un peu plus près sur les programmes.

Le père Sylvain Urfer, jésuite, connait bien le pays. Il y habite depuis 1974, ayant été pendant 25 ans curé d’Anosibe, paroisse d'un des quartiers les plus pauvres d’Antananarivo, la capitale de Madagascar. Une ville où il a aussi fondé le Centre Foi et Justice (groupe de recherche sur Madagascar) et le SeFaFi (Observatoire de la vie publique).

Selon lui, ces élections ne devraient pas ramener le pays à une plus grande stabilité après les émeutes de ces dernières années. Le déblocage politique n’aura pas lieu sans un changement de mentalités, dans ce pays où les ressources naturelles et humaines sont pourtant abondantes. La population se désintéresse de la politique  tandis que les gouvernants ou les candidats ont en général une conception peu altruiste du bien commun.

Le soir du premier tour sera donc certainement maussade sur l’île de l’Océan indien. À moins qu’il ne soit vraiment agité, comme le craint le père Urfer.

Entretien avec Sylvain Urfer, jésuite

 

07 novembre 2018, 08:11