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Moon Jae-In et Kim Jong-Un, les deux leaders coréens, réunis à Pyongyang le 18 septembre 2018. Moon Jae-In et Kim Jong-Un, les deux leaders coréens, réunis à Pyongyang le 18 septembre 2018.   (ANSA)

Nouveau sommet intercoréen: Moon Jae-In devra jouer les pacifistes

Le président sud-coréen est arrivé mardi 18 septembre en Corée du Nord pour trois jours. Une rencontre inédite depuis une décennie, l'occasion pour Moon Jae-In de jouer les colombes entre le Nord et Washington.

Marine Henriot - Cité du Vatican

Accolade sur le tarmac de l’aéroport de Pyongyang entre les deux dirigeants coréens ce mardi 18 septembre. Moon Jae-In vient d’atterir dans la capitale nord coréenne pour son troisième sommet avec Kim Jong-Un. Autour des deux dirigeants, des centaines de personnes agitant drapeaux nord coréens et des images d’une péninsule unifiée. C’est la première fois depuis 11 ans qu’un président du Sud se rend dans la capitale du Nord.  

Une scène encore inimaginable il y a un an. L'an dernier à cette même période, depuis ce même aéroport, Kim Jong-Un supervisait des tirs de missiles balistiques et les tensions entre les deux Corées étaient au plus haut. Aujourd’hui devant le terminal de l’aéroport, un panneau où il est écrit «ouvrons une ère de paix et de prospérité grace à la solidarité d’un peuple».

Moon Jae-In entre Washington et Pyongyang 

Ce qui ne change pas, ce sont les tensions entre Washington et Pyongyang. Il y a très exactement un an moins un jour, Donald Trump, devant l’Assemblée générale des Nations Unies qualifiait la Corée du Nord «d’état voyou». «Si nous devons nous défendre, nous n’aurons pas le choix que de totalement détruire la corée du nord» déclarait-t-il, surnommant le dictateur coréen «Rocket man». Aujourd’hui, même si Donald Trump se vante de sa bonne relation avec Kim Jong-Un, les deux pays ne trouvent pas d’accord concernant le nucléaire nord coréen. 

Lors de sa rencontre avec le président américain, Kim Jong-Un s’était engagé en «faveur de la dénucléarisation de la péninsule», une promesse laissant libre cours à l’interprétation. Depuis, les deux partis s’écharpent, chacun demandant des garanties à l’autre et il faudra compter sur les talents de pacifistes de Moon Jae-In pour apaiser les relations.

Peu d'avancées attendues

Si cette rencontre est historique, il ne faut pas s’attendre à beaucoup d’avancées concrètes estime la presse coréenne. L’opinion sud-coréenne réclame elle aussi des garanties en matière de dénucléarisation avant de passer aux accords commerciaux..

Par ailleurs, Séoul a fait savoir que cette rencontre pourrait servir à établir les fondations d’une déclaration officielle sur la fin de la guerre, ce qui laisse entendre que cette déclaration est peu probable durant ces 3 prochains jours.

Promesse de fermetures de sites de test

Mercredi 19 septembre, les deux dirigeants se sont entretenus, puis Moon Jae-In s'est adressé aux caméras nord-coréennes. Tout d’abord il a annoncé que la Corée du Nord avait accepté de fermer de façon permanente deux sites de test de missile dans le nord du pays, une fermeture en présence d’experts des nations concernées précise Moon Jae In.

Un engagement qui est certes une avancée mais après ces deux fermetures, il restera des sites de lancement de missiles nucléaire et balistique en Corée du Nord, comme l’aéroport international, là même où est arrivé Moon Jae In la veille. Concernant la fermeture du complexe nucléaire de Yongbyon, Kim Jong-Un attend encore que Washington fasse un pas en avant.

Autre annonce de Moon Jae-In, son homologue du nord se rendra à Séoul dans un avenir proche, une visite là encore historique.

Ce mercredi soir les deux hommes iront diner ensemble dans un nouveau restaurant de la capitale nord coréenne avant d’assister à un spectacle de masse, dont seule la Corée du Nord à le secret avec des dizaines de milliers de figurants dont 17 000 enfants, dans les tribunes du Stade du Premier Mai.

18 septembre 2018, 09:48