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Trois mois après les élections législatives, le Liban n'a toujours pas de gouvernement. Image d'illustration. Trois mois après les élections législatives, le Liban n'a toujours pas de gouvernement. Image d'illustration.  

Les Libanais toujours privés de gouvernement

Trois mois après les élections législatives du 6 mai 2018, le Liban n’a toujours pas renouvelé son exécutif. Les tractations entre factions politiques s’éternisent, malgré les appels répétés du Patriarche d’Antioche des Maronites. Le cardinal Raï souhaite la formation «en urgence» d’un exécutif «authentique» qui reflète les équilibres entre les différents partis représentés au Parlement, conformément à la Constitution. L’analyse de Karim Emile Bitar, chercheur à l’Iris et professeur associé à l’Université Saint-Joseph de Beyrouth.

Entretien réalisé par Marie Duhamel – Cité du Vatican

Le 6 mai dernier, les Libanais ont voté lors des premières élections législatives depuis neuf ans dans le pays, après une période marquée par des épisodes de paralysie politique et la guerre en Syrie voisine. Malgré les appels à la mobilisation lancés par plusieurs responsables politiques, seuls 49,2 % des électeurs sur 3,7 millions de votant ont déposé leur bulletin dans l’urne, contre 54 % en 2009.

Cette faible mobilisation a été enregistrée alors qu’une nouvelle loi électorale, basée sur la proportionnelle, a été adoptée en 2017 et que près de 800 000 nouveaux électeurs étaient éligibles au vote. 

Les chiites majoritaires 

Au lendemain du scrutin, le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a revendiqué la victoire. Le mouvement chiite conforte sa position majoritaire. Il est vainqueur au nord et au sud du pays, ses fiefs traditionnels.

Son grand opposant politique, le sunnite Saad Hariri a reconnu que son mouvement, Le Courant du Futur, avait perdu bon nombre de ses sièges, mais le Premier ministre sortant doit être reconduit dans ses fonctions, tandis que la formation chrétienne du président Michel Aoun conserve son rôle d’arbitre au parlement. 

Mais près de trois mois après les élections législatives, les tractations entre factions politiques s'éternisent. Le Liban reste sans gouvernement.

L'appel du Patriarche d'Antioche des Maronites 

Récemment, le Patriarche d’Antioche des Maronites exprimait sa déception quant à la manière dont les groupes de pouvoir protègent leurs intérêts particuliers en négligeant le bien commun. Pour sortir de la stagnation et répondre aux défis internes au pays et régionaux, le cardinal Bechara Raï a appelé les forces politiques à parvenir avec urgence à la formation d’un exécutif «authentique» qui reflète les équilibres entre les différents partis représentés au Parlement. «Il faut retourner à la Constitution parce que l’abandonner veut dire ne pas trouver une solution aux crises qui affligent le Liban». 

Hélas, le patriarche n’est pas entendu par les élus, regrette Karim Emile Bitar directeur de recherche à l’IRIS et professeur associé à la Faculté de Droit et de Sciences politiques de l’Université Saint-Joseph de Beyrouth. 

Interview de Karim Emile Bitar, chercheur à l’Iris
08 août 2018, 06:48