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Vatican News
Manifestation contre l'avortement à Buenos Aires, le 4 août 2018. Manifestation contre l'avortement à Buenos Aires, le 4 août 2018.  (AFP or licensors)

L'avortement cristallise les tensions politiques au Brésil et en Argentine

De nombreux acteurs de l’Église catholique, mais aussi d’autres organisations, s’inquiètent du risque d’une banalisation de l’avortement alors que le Sénat argentin et la Cour Suprême brésilienne, dans des contextes politiques et institutionnels différents, sont appelés à se prononcer sur ce dossier.

Les deux plus grands pays d’Amérique latine traversent une semaine particulière pour la défense de la vie naissante. Au Brésil s’est tenue lundi la seconde journée d’audiences publiques convoquées par la Cour Suprême Fédérale sur la proposition de loi qui vise à légaliser l’avortement jusqu’à la 12e semaine de grossesse. En Argentine, c’est mercredi que le Sénat doit s’exprimer sur la dépénalisation de l’avortement jusqu’à la 14e semaine, déjà approuvée le 14 juin dernier par la Chambre des députés, avec seulement 4 voix d’écart.

Au Brésil, la Cour suprême sous pression

Actuellement au Brésil, l’avortement n’est autorisé que dans les cas de viol, de danger pour la mère ou d’anencéphalie fœtale. La conférence épiscopale a pris position contre une extension ultérieure de l’IVG, avec un document intitulé « avortement et démocratie », élaboré par la Commission pour la vie et la famille. Elle a été auditionnée hier par la Cour suprême. Le président de cette commission épiscopale a dénoncé les statistiques truquées diffusées par certaines organisations internationales sur le nombre des avortements clandestines, afin de créer un climat d’urgence et de conditionner l’opinion publique. D’ici la fin du mois, la Cour suprême pourrait décider d’annuler ou non les articles 124 et 126 du Code pénal qui définissent l’avortement comme un délit. Selon différents sondages, au moins 60% des Brésiliens demeurent opposés à la dépénalisation.

En Argentine, le Sénat divisé

En Argentine, les regards se concentrent sur le Sénat, qui devrait voter vendredi matin. Contrairement à la Chambre des députés, il semble qu’une légère majorité se dessine en faveur d’un refus de l’IVG : les opposants identifiés seraient 37 contre 31 pour les partisans du oui et quatre indécis, sur 72 sénateurs au total, Mais rien ne peut être certain avant le vote. Les manifestations des pour et des contre sont quotidiennes devant le Parlement. L’Église catholique est très investie, puisque une messe pour la vie sera célébrée ce mercredi à 20h par le cardinal Mario Poli à la cathédrale de Buenos Aires. Le successeur du Pape François dans cet immense diocèse de la capitale argentine concélèbrera cette messe avec, entre autres, Mgr Oscar Ojea, évêque de San Isidro et président de la conférence épiscopale.

Un contexte de crise politique et sociale

Ces débats qui suscitent de fortes divisions dans la société se déroulent dans un contexte politique difficile pour ces deux pays. Au Brésil, la campagne électorale pour l’élection présidentielle d’octobre se déroule dans une grande confusion, avec l’emprisonnement du favori, l’ex-président Lula, poursuivi dans une affaire de corruption. La situation économique et sécuritaire apparait très dégradée, loin du développement encourageant de la première décennie des années 2000. De son côté, l’Argentine est secouée par de nombreux conflits sociaux et notamment par une grève des enseignants, alors qu’un vaste scandale de corruption touche des responsables gouvernementaux passés et actuels.

07 août 2018, 18:12