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Le marché de Bamenda, région anglophone, après une explosion le 13 novembre 2017. Le marché de Bamenda, région anglophone, après une explosion le 13 novembre 2017.   (AFP or licensors)

Un Cameroun en proie aux violences à un mois des élections

L'élection présidentielle à un tour est prévue pour le 7 octobre prochain. A 85 ans, Paul Biya est candidat à sa propre succession. Pendant ce temps, les leaders religieux du pays invitent au dialogue pour résoudre la crise anglophone qui engendre des milliers de déplacés.

Marine Henriot - Cité du Vatican

C’est le chef d’État le plus âgé d’Afrique, et il compte bien s’accrocher au pouvoir. A 85 ans le Camerounais Paul Biya est candidat à sa propre succession, après 35 ans de pouvoir.

Face à Paul Biya, une opposition morcelée. Huit candidats sont en lice à cette élection à un tour, plusieurs rencontres ont eu lieu entre certains d'entre eux en vue d'un regroupement derrière un seul candidat qui pourrait être mieux à même de le battre. L'idée d'une «primaire» a même été évoquée. Des rencontres qui se sont avérées infructueuses, «l’opposition est désunie, plusieurs candidats ont fait défection», nous explique la chercheuse Cindy Morillas.

Boko Haram et crise anglophone 

Pour autant depuis 2018 est une première. Au pouvoir depuis novembre 1982, Paul Biya utilisait la paix dans son pays comme principal argument électoral. Or, le Cameroun est aujourd’hui traversé par des violences. Le mouvement djihadiste Boko Haram sévit toujours dans l’extrême nord du pays tandis que le nord ouest et sud ouest du pays sont en proie aux violences des sécessionnistes anglophones. Les attentats sécessionnistes se multiplient, depuis 2016, 80 policiers et militaires ont été tués, et 200 000 camerounais sont maintenant déplacés interne, détaille Cindy Morillas.

Poids des leaders religieux 

Mercredi 29 et jeudi 30 août, les leaders chrétiens et musulmans camerounais sont réunis lors d’une conférence générale anglophone. Deux jours pour trouver une solution à la crise qui ronge les régions anglophones, et promouvoir un dialogue entre le gouvernement et le mouvement sécessionniste.

Alors que 70% de la population est chrétienne, les évêques ont publié lundi 27 août une note dans laquelle ils invitent les électeurs camerounais à élire un président capable de «promouvoir l’unité du pays» et son «indépendance véritable». Par la voix de Mgr Kleda, archevêque de Douala, la conférence épiscopale du Cameroun exhorte les Camerounais à s’intéresser aux programmes politiques qui apportent des solutions réelles aux problèmes que connaît le pays.

Nouvelle victoire de Paul Biya ?

Prévue le 7 octobre, la présidentielle à tour unique risque de sacrer une nouvelle fois l’indéboulonnable Paul Biya, «il a toutes les chances d’être réélu» avance la politiste Cindy Morillas, «le parti au pouvoir gère l’élection présidentielle».

Retrouvez en podcast l’interview de Cindy Morillas, chercheuse associée à la Fondation Paul Ango Ela à Yaoundé et Les Afriques dans le Monde à Bordeaux.

Interview de Cindy Morillas
30 août 2018, 08:46