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Les forces de sécurité afghanes sécurisent la route menant à la réunion des oulémas, à Kaboul, le 4 juin 2018. Les forces de sécurité afghanes sécurisent la route menant à la réunion des oulémas, à Kaboul, le 4 juin 2018.  (ANSA)

Trêve inédite mais précaire en Afghanistan

Les talibans ont annoncé samedi trois jours de cessez-le-feu avec les forces afghanes, pour la fin du ramadan, une première depuis 2001 qui intervient deux jours après l'annonce d'un cessez-le-feu unilatéral par le président afghan Ashraf Ghani.

Entretien réalisé par Joris Bolomey - Cité du Vatican

C'est une première en 17 ans de conflit en Afghanistan. Les talibans ont annoncé samedi 9 juin un cessez-le-feu de trois jours, à l'occasion des fêtes religieuses de l'Aïd-el-Fitr qui marquent la fin du ramadan.

L'annonce intervient deux jours après la déclaration d'une trêve unilatérale par le président afghan. Ashraf Ghani a lié cette tentative à celle des 3 000 théologiens oulémas qui ont adopté lundi dernier à Kaboul une fatwa contre les attentats-suicides, contraires aux principes de l'Islam. Une heure après la publication de cette fatwa en direct à la télévision, un kamikaze se revendiquant du groupe Etat islamique se faisait exploser à l'entrée de la tente où se tenait l'assemblée des religieux, faisant sept morts.

Difficile pour autant que cette trêve serve de tremplin vers de véritables pourparlers de paix. En février dernier, les insurgés avaient déjà rejeté les propositions de Kaboul allant dans ce sens.

Et malgré le cessez-le-feu, les combats devraient se poursuivre sur le terrain. Les deux parties ont promis de riposter si elles étaient attaquées. Les talibans ont également prévenu que l'interruption des combats ne s'étendait pas pour leurs hommes aux forces de l'Otan, sous commandement américain en Afghanistan. Les talibans ont ajouté, dans un communiqué diffusé via WhatsApp, qu'ils continueraient leurs opérations contre les «forces occupantes» étrangères dans le pays et qu'ils se défendraient «avec virulence».

Une trêve a accueillir donc avec prudence selon l'anthropologue et ancien diplomate français Georges Lefeuvre, il est chercheur associé à l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris), spécialisé sur le Pakistan et l'Afghanistan.

Entretien avec Georges Lefeuvre

 

11 juin 2018, 07:33