Version Béta

Cerca

Vatican News
Le navire humanitaire Lifeline accoste dans le port de La Vallette Le navire humanitaire Lifeline accoste dans le port de La Vallette  (AFP or licensors)

L'Italie face à l'afflux de migrants

Plus d’un million de migrants ont débarqué sur les côtes italiennes en 20 ans, les trois quarts l'ont fait depuis 2010. A l’occasion du sommet européen qui s’ouvre ce jeudi 28 juin, nous revenons sur la manière dont l’Italie vit l’arrivée de ces hommes et femmes cherchant une vie meilleure en Europe.

Un entretien réalisé par Marie Duhamel – Cité du Vatican

Une solution européenne a été trouvée pour les 233 migrants qui ont débarqué sur l’ile de Malte où le navire humanitaire qui les a secourus, il y a une semaine, a finalement accosté ce mardi soir. Huit pays se sont entendus pour accueillir les ayant-droit à l’asile, dont l’Italie, la France, les Pays-Bas ou encore le Portugal et l’Espagne.

Une solution momentanée, ponctuelle, qui ne règle en rien les divisions européennes sur la question migratoire qui est, ces 28 et 29 juin, au cœur du sommet européen de Bruxelles.

A l’occasion de cette rencontre européenne, Vatican News vous propose de revenir sur la situation de l’Italie, un pays qui a accueilli quelque 700 000 migrants depuis 2013, et où un «sentiment d’invasion» même «non conforme à la réalité» s’installe.

L’intellectuel Lucio Carraciolo a fondé et dirige la revue italienne de géopolitique Limes. Il revient sur la manière dont les Italiens affrontent l’arrivée massive de migrants sur leur sol, sur leur sentiment d’avoir été abandonnés par leurs voisins européens pour gérer l’afflux sur ses côtes.

Selon l’essayiste italien, aucun des derniers gouvernements n’a géré de manière structurelle ce phénomène, notamment pour des raisons financières, laissant l’Eglise ou les associations seule aux manettes pour accueillir, du mieux possible, ces hommes et femmes en exil. Un accueil qui n’est «pas digne». Pour Lucio Carraciolo, il n’y a pas de politique d’intégration en Italie. Il estime que la politique consistant à remettre les migrants aux autorités libyennes favorise les passeurs et l’immigration clandestine et appelle de ses vœux, non la multiplication des couloirs humanitaires, mais une réforme de la loi Bossi-Fini qui a instauré en Italie le délit d’immigration clandestine en 2002.

Entretien avec Lucio Carraciolo, directeur de la revue Limes
28 juin 2018, 18:22