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Abiy Ahmed a été choisi mardi 27 mars par le Front démocratique révolutionnaire des peuples éthiopiens pour occuper la fonction de Premier ministre. Abiy Ahmed a été choisi mardi 27 mars par le Front démocratique révolutionnaire des peuples éthiopiens pour occuper la fonction de Premier ministre.  (AFP or licensors)

Ethiopie : Abiy Ahmed, nouveau premier ministre porteur d'espoir

En Ethiopie, la coalition au pouvoir a choisi Abiy Ahmed pour devenir le prochain premier ministre. Un gage d'apaisement à l'égard de l'ethnie Oromo, la principale du pays, qui s’est longtemps sentie marginalisée par Addis-Abeba. Mais la tâche qui attend ce dirigeant de 42 ans est à la démesure du deuxième pays le plus peuplé d'Afrique. Principal objectif : rétablir le lien de confiance entre le peuple et son gouvernement.

Joris Bolomey avec AFP – Cité du Vatican

C’est une première dans l’histoire moderne du pays. Jamais un Oromo n’avait dirigé la coalition de quatre partis au pouvoir depuis 1991. L’ethnie est pourtant majoritaire dans cet Etat de la Corne de l’Afrique.

Abiy Ahmed, nommé il y a quelques semaines seulement à la tête de l'Organisation démocratique du Peuple oromo (OPDO), a été choisi mardi 27 mars par le Front démocratique révolutionnaire des peuples éthiopiens (EPRDF), la coalition au pouvoir, pour devenir son leader et donc occuper la fonction de Premier ministre. Ce choix doit encore être confirmé par le Parlement, où l'EPRDF contrôle tous les sièges.

Le pressions de la jeunesse Oromo, qui organise depuis plusieurs semaines barrages routiers et manifestations, a donc porté ses fruits. Mais dans un pays de plus de 100 millions d’habitants, répartis en 80 ethnie, la tâche de celui qu’on surnomme «Dr Abiy» s’annonce difficile.

 

Cet ancien ministre des Sciences et de la Technologie, né d'un père musulman oromo et d'une mère chrétienne amhara, ne pourra pas stabiliser l'Éthiopie s'il ne parvient pas à modifier les tendances autocratiques profondément enracinées e l'EPRDF.

Il sera très vite attendu sur la question de l'état d'urgence, décrété au lendemain de la démission de Hailemariam Desalegn, en février dernier, sous la pression des manifestations antigouvernementales initiées fin 2015 par les Oromo justement. La répression menée par le gouvernement avait débouché sur des milliers d'arrestations et au moins 940 morts.

Les principales revendications portent notamment sur une meilleure répartition des retombées économiques et une ouverture démocratique, nécessaires pour ce pays ambitionnant d'accéder au statut de pays à revenu intermédiaire d'ici 2025.

Reste à savoir si telle sera la volonté de «Dr Abiy», qui a été lieutenant-colonel dans l'armée et à fait carrière au sein de l'agence nationale du renseignement informatique, qu'il a contribué à fonder.

29 mars 2018, 14:00