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Le président américain Donald Trump. Le président américain Donald Trump.  (AFP or licensors)

Donald Trump menace de couper l'aide américaine à l'Autorité palestinienne

Après le Pakistan ce lundi, c’est au tour de la Palestine d’essuyer les menaces de Donald Trump sur Twitter. Dans la nuit de mardi à mercredi, le président américain a menacé de couper les aides financières américaines versées à la Palestine. Selon Donald Trump, ces dollars doivent se mériter, et la Palestine ne réalise pas sa part du travail.

Marine Henriot - Cité du Vatican

Une nouvelle fois, sur Twitter, Donald Trump ne mâche pas ses mots: «Nous payons les Palestiniens des centaines de millions de dollars par an, sans reconnaissance ou respect», a-t’il déclaré, déplorant le manque de volonté de la Palestine dans les négociations de paix. Avant de continuer: «Puisque les Palestiniens ne sont plus disposés à parler de paix, pourquoi devrions-nous leur verser des paiements massifs à l'avenir ?».

Ces aides dont parlent le président américain représentent plus de 620 millions de dollars versés par les États Unis à la Palestine, via l’agence de développement américaine (USAID) ou via l’Organisation des Nations Unies (ONU).

Un nouveau coup d’éclat après la décision américaine en décembre de reconnaître Jérusalem comme la capitale officielle d’Israël, négligeant la partie Est revendiquée par l’Autorité palestinienne. À la suite de la condamnation de cette décision par l’ONU, l’ambassadrice américaine aux Nations Unies avait déjà menacé de «mieux dépenser» l’argent des Américains à l’avenir. De son côté, le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas avait annoncé refuser les plans de paix proposés par les États-Unis.

Après le tweet cette nuit de Donald Trump, la réponse de la Palestine ne s’est pas faite attendre: «Jérusalem, la capitale éternelle de l’Etat de Palestine n’est pas à vendre, même pour tout l’or du monde», affirme la porte-parole de la présidence, avant de rappeler que les négociations devaient être fondées sur le droit international et les résolutions de l’ONU. Le Hamas, le mouvement islamiste palestinien, a quant à lui dénoncé «un chantage politique minable».

Les inquiétudes du Saint-Siège

Bien que l'explosion de violence redoutée ne se soit pas produite, la question de Jérusalem continue à cristalliser les tensions au Proche-Orient.

Le Saint-Siège suit cette situation avec attention. Le 6 décembre dernier, quelques heures avant le discours de Donald Trump, le Pape François avait exprimé ouvertement son inquiétude. «Je ne peux pas taire ma préoccupation profonde pour la situation qui s’est créée dans les derniers jours, et dans le même temps, je veux adresser un appel afin que tous s’engagent à respecter le statu quo de la ville, en conformité avec les résolutions pertinentes des Nations Unies», avait lancé le Saint-Père lors de l'audience générale en Salle Paul VI. «Jérusalem est une ville unique, sacrée pour les juifs, les chrétiens et les musulmans, qui y vénèrent les Lieux Saints de leurs religions respectives, et a une vocation spéciale à la paix», avait-il martelé.

Depuis le début de son pontificat, le Pape François a manifesté à de nombreuses reprises sa préoccupation pour la paix en Terre Sainte. Il s’était rendu sur place en mai 2014 et avait organisé quelques jours plus tard au Vatican une prière pour la paix en présence du président palestinien Mahmoud Abbas et de son homologue israélien de l’époque, Shimon Peres.

(Avec AFP)

03 janvier 2018, 15:42