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Kizza Besigye, le leader de l'opposition ougandaise lors d'une manifestation pour protester contre la supression d elimite d'âge. Kizza Besigye, le leader de l'opposition ougandaise lors d'une manifestation pour protester contre la supression d elimite d'âge.  (AFP or licensors)

Les députés ougandais suppriment la limite d'âge pour être élu président

Le vote du parlement ouvre la voie à une nouvelle candidature en 2021 du chef de l'Etat, Yoweri Museveni, 73 ans.

Joris Bolomey


Le président de l’Ouganda, Yoweri Museveni, agè de 73 ans et en poste depuis 1986, ne veut décidément pas lacher le pouvoir. Les députés ougandais ont voté, mercredi 20 décembre 2017, la suppression de la limite d'âge, jusqu’alors fixée à 75 ans, pour être élu président. Ce vote n’était qu’une simple formalité dans un parlement largement dominé par le parti au pouvoir, le Mouvement de résistance nationale (NRM). L'amendement visant à modifier l'article 102 (b) de la Constitution a été adopté par 315 voix contre 62, et deux abstentions.

L'évêque de Masaka John Baptist Kagwa a fustigé les législateurs qui ont voté «Oui» à l'amendement de la limite d'âge. Il a déclaré qu'ils ont trahi les gens et jeté un sombre avenir pour le pays. «Il n'y a pas de différence entre vous et Judas Iscariot. Tout comme il a trahi Jésus qui l'a choisi comme disciple, vous avez trahi tous ceux qui vous ont voté pour représenter leur point de vu », s’est emporté l’évêque, selon le site d’information ougandais Matooke Republic . «Vous pouvez facilement modifier la constitution, mais il faudra du temps pour modifier le cœur de tous les Ougandais que vous avez brisés», a-t-il ajouté.

En 2005 déjà, la constitution avait été modifiée pour supprimer la limitation à deux mandats présidentiels, lui permettant ainsi de briguer ses troisièmes, quatrième et cinquième mandats. Si le projet de loi adopté mercredi limite à nouveau à deux le nombre de mandats présidentiels, la mesure n'entrera en vigueur qu'après la prochaine élection, permettant ainsi à Yoweri Museveni de se présenter à nouveau à deux reprises.
Le mandat des députés a lui été rallongé de deux ans, passant de cinq à sept années, repoussant ainsi les prochaines législatives à 2023.
Le porte-parole du NRM, Rogers Mulindwa, a assuré que la loi n'était pas faite pour bénéficier au chef d'Etat actuel, mais destinée à lutter contre la «discrimination» par l'âge. Un argument quel es défenseurs des droits de l’homme ont du mal à entendre.

«Dans un pays où, selon les observateurs internationaux, les élections ne sont pas le reflet de la libre volonté du peuple, la limite d'âge était l'unique soupape de sécurité qui aurait permis que Museveni abandonne pacifiquement le pouvoir», estime l'avocat Nicholas Opiyo, cité par l’AFP. «Supprimer la limite d'âge, un des plus importants garde-fous, va enraciner le régime autocratique et dictatorial en Ouganda», s’inquiète-t-il. 

22 décembre 2017, 17:46