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Une représentation vivante de la crèche. Une représentation vivante de la crèche.   (AFP or licensors)

Noël au Bénin, les fidèles appelés à construire une crèche intérieure

Au Bénin, la fête de Noel est un moment de liesse. Des pasteurs partagent ce témoignage, notamment le prêtre béninois Hubert Kèdowidé et le missionnaire italien de la société des missions africaines, Giovanni Benetti. Ce qui frappe, c’est l’engouement spirituel ainsi que quelques traditions comme les groupes d’enfants ambulants appelés kaléta. Les enfants occupent une place spéciale dans la fête de Noël.

Innocent Adovi avec Fides – Cité du Vatican

«Au lieu de travailler uniquement à la préparation de la crèche physique, nous avons insisté sur la construction de la crèche intérieure, la crèche de nos cœurs» explique le père Hubert Kèdowidé, curé de la paroisse du Bon Pasteur de Cotonou à l'occasion des festivités de Noël.

Un moment de ferveur spirituelle

La commémoration de la naissance de Jésus suscite au Bénin, un grand enthousiasme chez les chrétiens, comme chez de nombreux non-chrétiens. Pour les premiers, la nativité est un moment particulier de régénération intérieure. Entre autres, le père Kèdowidé a expliqué que sur sa paroisse, «en plus des soirées de recollection spirituelle, les prêtres sont disponibles tous les jours pour les confessions après les messes du matin». Un grand pèlerinage diocésain annuel est également organisé pour les enfants dans le sanctuaire marial d’Allada autour de l’archevêque. D’après le père Marius Nougbodé, aumônier diocésain de l’Enfance missionnaire, il regrouperait chaque année environ 10.000 enfants. En outre, la nuit de Noel est illuminée mieux qu’à l’accoutumée sans doute pour marquer l’espérance. Le père Giovanni Benetti, missionnaire au Centre Bresillac s’est dit frappé par le fait que «plusieurs familles plantent deux piquets devant leur porte et y accrochent une papaye découpée dans laquelle est placée une bougie».


Une ferveur marquée entre autres par le kaléta

Le père Benetti, qui vit au Bénin depuis trois ans, a ajouté que «presque partout, à l'approche de la fête, on entend des poèmes, des chants et des histoires de Noël». Dans plusieurs quartiers, les après-midis de décembre, des groupes d'enfants, appelés kaléta, égayent les habitants avec leurs chants et leurs danses. Ils vont de maison en maison pour offrir un spectacle. Entre autres accoutrements, l’acteur principal, le kaléta proprement dit, porte un masque au visage et des pailles à la hanche. A l'origine, la tradition du Kaléta a été importée du Brésil. Elle serait un héritage d’anciens esclaves revenus du Brésil au Bénin vers 1830. Le kaléta est l'une des cinq catégories de masques que l'on trouve sur la côte du Golfe de Guinée. Mais par rapport aux quatre autres traditions de masque, le kaléta est dépourvu de toute dimension cultuelle ou religieuse. Il arrive aussi de rencontrer des groupuscules d’enfants circuler simplement munis de petites crèches qu'ils ont fabriquées eux-mêmes.  Ils défilent et interprètent des chansons populaires annonçant l'imminence de Noël.



La priorité aux enfants et à la solidarité

Noël au Bénin met l’enfant au centre. Pour plusieurs, c’est la fête des enfants qui sont généralement gavés de cadeaux. Le père Benetti a rapporté qu’au centre Brésillac, une grande fête est souvent organisée pour tous les enfants du voisinage. Il a conclu en affirmant qu’«après la messe, la solidarité est dans le cœur de chacun: les portes des maisons sont grandes ouvertes et tout le monde est invité à boire et à manger. Personne n'est laissé seul. On ne s'étonnera pas de voir arriver un sans-abri. Il entrera dans la maison, s'assiéra et mangera comme les autres».

Le Bénin est un pays de l’Afrique de l’Ouest avec une Église jeune et dynamique. Le sud du pays était connue comme la «côte des Esclaves».  L’Évangélisation par les missionnaires des sociétés africaines date d’un peu plus de 160 ans. 

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22 décembre 2023, 16:12