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Des enfants pris en charge au Verbist Care Center. Des enfants pris en charge au Verbist Care Center. 

Le Verbist Care Center d'Oulan-Bator, une espérance pour les enfants pauvres

Inauguré en 1995 par les missionnaires du Cœur Immaculé de Marie, ce centre accueille une cinquantaine d’enfants pauvres d’Oulan-Bator. Il est l’une des traces de cette «évangélisation par la charité» qui marque l’Église catholique mongole.

Olivier Bonnel - Envoyé spécial à Oulan-Bator, Mongolie

D’un grand bâtiment de brique sans âme jaillissent des cris joyeux d’enfants. C’est ici, au cœur d’Oulan-Bator, que depuis bientôt trente années la Congrégation des Missionnaires du Cœur Immaculé de Marie (CICM) a ouvert un centre d’accueil pour les enfants les plus pauvres. Ils sont une cinquantaine, âgés de 2 à 18 ans, pour la plupart orphelins. Sur quatre étages se répartissent des salles de jeu, de classe, un réfectoire et des petits dortoirs.

C’est en 1994 que la congrégation, grâce au concours des autorités mongoles a pu obtenir cet espace. Deux ans plus tôt, la CICM envoyait en Mongolie ses trois premiers prêtres, réalisant ainsi le rêve de son fondateur, le Belge Théophile Verbist, mort du typhus en 1868 à Laohugou, en Mongolie-Intérieure.

«Ce centre est très significatif pour notre congrégation car il marque ses premiers pas ici en Mongolie», explique le père Charles Phutuka, supérieur de la CICM, venu spécialement en Mongolie pour le voyage apostolique du Pape François. «Comme notre fondateur, nous avons été très tôt attentifs à la situation des enfants qui n’ont pas de quoi se nourrir». Pour le père Charles, le Verbist Care Center est un exemple de service rendu à travers la charité, non seulement à ces enfants mais aussi à la société mongole dans son ensemble.

Le père Charles Phukuta, supérieur général des Missionnaires du Cœur Immaculé de Marie (CICM)
Le père Charles Phukuta, supérieur général des Missionnaires du Cœur Immaculé de Marie (CICM)

Un défi au quotidien

Dès le début du XXe siècle, les missionnaires du CICM «ont voulu faire des pas concrets ici pour développer notre œuvre, mais les circonstances politique du moment ne nous ont pas permis de le faire», raconte le père Charles, faisant allusion à l’avènement de la République populaire mongole et à son athéisme d’État, au début des années 1920. Ces dernières années ont été également difficiles, marquées notamment par la pandémie de Covid, qui a jeté encore plus d’enfants dans la rue. Une jeune psychologue travaille depuis au Verbist Care Center pour aider à la prise en charge des plus petits.

Si la plupart des enfants vivent dans la capitale, certains sont aussi venus des régions périphériques. Les autorités mongoles signalent les besoins à la congrégation afin de placer les enfants dans le centre d’accueil. «La bonne nouvelle est que le nombre d’enfants qui nous sont confiés est en baisse, ce qui signifie que la pauvreté recule un peu dans le pays, même s’il y a encore beaucoup à faire», se félicite le père Charles.

Une salle de classe au Verbist Care Center
Une salle de classe au Verbist Care Center

En 1996, le gouvernement mongol a assoupli l’œuvre des congrégations religieuses étrangères en accordant aux catholiques une «autorisation perpétuelle pour les activités religieuses», mais le contexte change en 2009. Les missionnaires présents pour des raisons religieuses ou caritatives doivent désormais demander une autorisation chaque année. Une épée de Damoclès qui pèse sur ces œuvres en croissance. «Nous espérons que la venue du Pape en Mongolie pourra faciliter ces questions, car il est parfois difficile de travailler quand l’on doit renouveler un visa ou un permis de travail, parfois tous les six mois», explique le père Charles. «Je souhaite que le dialogue continue entre l’Église et les autorités pour que le travail de nos communautés soit facilité, quelle que soit leur nationalité».

Le Verbist Care Center à Oulan-Bator
Le Verbist Care Center à Oulan-Bator

Malgré tous ces défis, le Verbist Care Center reste une vitrine de cette charité en acte, voulue par la congrégation. «C’est une évangélisation sans prosélytisme ou discours agressif, mais à travers notre style de vie, à travers les attitudes envers notre prochain».

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01 septembre 2023, 07:01