Recherche

Une manifestation à Londres contre la loi migratoire, le 27 mars 2023. Une manifestation à Londres contre la loi migratoire, le 27 mars 2023.  (ANSA)

Loi migratoire britannique: les inquiétudes des Églises

La nouvelle loi durcissant les conditions d'admission sur le sol britannique a été adoptée dans la nuit du 17 au 18 juillet par le parlement. Les évêques catholiques dénoncent un texte «en contradiction avec l'enseignement de l'Église sur l'accueil». L'Onu a également fait part de sa préoccupation.

Olivier Bonnel-Cité du Vatican

Le Parlement britannique a adopté la loi très controversée proposant de durcir les conditions d'accès au territoire pour les demandeurs d'asile. Une loi qui était portée depuis plusieurs mois par le gouvernement de Rishi Sunak, qui souhaite réduire notamment les traversées de la Manche. Selon le texte voté, les migrants arrivés de manière illégale sur le territoire britannique ne pourront plus demander l'asile dans le pays. Une disposition qui n'a pas manqué de faire réagir les responsables religieux au Royaume-Uni.

Cette législation est «en contradiction avec l'enseignement de l'Église sur l'accueil , la protection, la promotion et l'intégration des réfugiés» a réagi la conférence épiscopale du Royaume-Uni et du Pays de galles dans un communiqué. «Les réfugiés sont des êtres humains créés à l'image et à la ressemblance de Dieu, et non un problème politique à résoudre». Mgr Paul McAleenan, responsable de la section migrants et réfugiés de la conférence des évêques britanniques a souligné que malgré le vote du texte, l'Église continuera à «aimer l'étranger» et à appeler à l'expansion d'itinéraires sûrs pour ceux qui fuient leur foyer.

Dans son communiqué, l'Église britannique exhorte le gouvernement à redoubler d'efforts pour s'attaquer vrais facteurs qui poussent à la migration tels que les conflits, les persécutions et le changement climatique.

Les critiques des Nations unies

Parmi les nombreuses réactions figurent celle aussi de Mgr Justin Welby, archevêque de Canterbury et primat de l’Église anglicane. «Je ne vois pas comment cette loi va permettre d'arrêter les embarcations des migrants» s'est-il insurgé lors d'une allocution à la chambre des Lords dont il fait partie. Pour Justin Welby, le nouveau texte migratoire ne répond en aucun cas au problème mondial que pose la migration. 

Peu après l'adoption de la nouvelle loi, l'Onu a aussi fait part de son inquiétude. Dans un communiqué commun, le Haut commissaire aux réfugiés, Filipo Grandi et le Commissaire aux droits de l’homme, Volker Türk ont déploré une nouvelle loi «contraire au droit international». Selon eux le nouveau aura «de profondes conséquences pour les personnes ayant besoin d'une protection internationale». Ce qui inquiète les instances onusiennes est l’élargissement des détentions administratives de migrants, la loi créant en effet de nouveaux pouvoirs de détention très étendus, avec un contrôle judiciaire limité.

Depuis des années pourtant le Royaume-Uni offrait un refuge à ceux qui ont en ont besoin conformément au droit international ont rappelé les agences onusiennes. Le nouveau texte du gouvernement à Londres créé désormais un «précédent inquiétant» selon les Nations unies dont la crainte est désormais que d’autres pays d’Europe soient tentés de s’inspirer du modèle britannique.

Merci d'avoir lu cet article. Si vous souhaitez rester informé, inscrivez-vous à la lettre d’information en cliquant ici

18 juillet 2023, 16:03